Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - IOCASTA HUPPEN

Publié par Le Capital des Mots sur 4 Octobre 2018, 08:16am

Catégories : #poèmes

Soudain ton nom

 

Ton nom,

comme s’il avait été gravé

sur la cuillère avec laquelle

je compte les petits moments

qui donne chaud au cœur

en écoutant la première pluie d’automne

 

Ton nom,

comme s’il avait été incrusté

sur le couteau avec lequel

pieusement, je coupe le pain

au moment des premiers flocons

 

Ton nom,

comme s’il avait été calligraphié

sur les baguettes avec lesquelles

j’attrape les bouchées de riz

regardant les premiers pétales au vent

 

Ton nom,

comme s’il avait été apposé

sur la fourchette avec laquelle

je pique les quartiers de pastèque

lorsque la soirée s’est à peine rafraîchie

 

Soudain ton nom

surgit du plus profond de mes souvenirs

car ton nom est gravé, incrusté, calligraphié,

ton nom est toujours apposé

sur mon cœur.

 

***

 

 

Une femme un matin

 

Il y a eu la fois

lorsqu’en voyage à Paris

j’ai croisé dans la rue

une belle femme

portant une blouse noire transparente

 

C’était le matin,

le soleil avait envahi

à moitié la ruelle

que cette femme

traversait en diagonale

en se l’appropriant

elle et mon regard

 

Il y a eu cette unique fois

lorsqu’en voyage à Paris

cette belle femme

en blouse noire transparente

m’avait éblouie.

 

 

***

 

 

Mes nuances de vert

 

Au bout de certaines branches

il y a des pommes de pin vert tendre

d’où la résine perle

par endroit

 

Au bout d’autres branches

c’est à peine si on remarque

l’acidulé vert des pommes et des prunes

qui engrangent du soleil

pour l’automne

 

Au bout de certaines branches

il y a le vert duveteux des pêches

qui prennent leur temps

avant de devenir parfums et douceurs

sur la langue

 

Au bout d’autres branches

se dissimule le vert neutre et sage des noix

qui croqueront sous la dent

à l’heure où l’automne

sera bien installé

 

Je me suis approprié

ces nuances de vert

et demain je remettrai

mon maillot de bain

avec des sequins émeraude

car moi aussi

je compte bien

perler, engranger du soleil,

devenir parfums et douceurs,

me laisser croquer

pour oublier que la vie

est un éternel recommencement.

 

 

IOCASTA HUPPEN 

 

Elle se présente :

 

Iocasta Huppen est haïjin : 3 recueils de haïkus (dont le dernier paru en 2017 chez L’Harmattan, collection « Poètes des cinq continents », intitulé Le Livre Zen des Saisons, Préface de Serge Tomé), une Mention honorable au Concours Prix Jocelyne Villeneuve, 2018 et quelques anthologies et publications dans des revues. Elle est également poète : un premier recueil paru en 2018 chez L’Harmattan, collection « Poésie(s) », intitulé Etats d’âme, Préface de Félix Boulé, quelques prix (dont le Prix de Créativité Naji Naaman en 2015 ; le Premier Accessit au 48e Concours Arts et Lettres de France en 2016 et 3e Prix au Concours Europoésie en 2017) ainsi que des anthologies et publications dans des revues, dont Cairns, LIBELLE et Bleu d’Encre. Iocasta Huppen est aussi l’initiatrice du Kukaï de Bruxelles qui réunit quatre fois par an des auteurs de haïkus.

 

Iocasta Huppen - DR

Iocasta Huppen - DR

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