Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - COLETTE DAVILES-ESTINÈS

Publié par ERIC DUBOIS sur 12 Juillet 2013, 07:30am

Catégories : #poèmes

 

 

 

 

 

 

 

Une vie d'été

 

 

 

 

Le vent feule, âcre

parfum de branches brûlées

haleine salée de fenaison

il existe une vie d'été

de l'autre côté

des notes de clocher

par où le temps m'échappe

 

                                     Attente embracelée

 

                                      Il manquerait le large d'une page à remplir

                                      aux manières de fleurs amples de magnolias

 

                                      Ligne de crête à suivre du bout des yeux

                                                                                              fermés

 

 

 

 

***

 

 

 

 

Faut dissiper les papillons

 

 

 

 

 

Ce que le vent déporte de brume

la nuit

c'est comme geste vain de la main

pour chasser papillons d'idées

Il souffle sur braises d'étoiles

taillade pulpe de nuages

ouvre brèche de veine lactée

Tentative ravivée d'un long chemin

Mais

ce que le vent déporte de brume

se dépose un peu plus loin

et ça revient

et ça devient

martèlements feutrés de piérides

aux blancs battements acouphène

 

Ce que le vent déporte de nuit

le matin aussi

ça revient

 

 

 

 

***

 

 

Passerelles

 

 

 

Le vent sculpte le silence

Il y saille des trouées d'oiseaux

Les pensées roulent et choquent

Comme des cailloux de crues

Crépitement fluide d'une coulée de grains

Dans un bâton de pluie

C'est comme un deuil blanc

Transe de funérailles au trépignement ivre

Et au chant litanique d'un jamais rassasié

D'un talweg à un autre

Passerelles jetées

 

 

 

COLETTE DAVILES-ESTINÈS

 

 

 

 

 

Née en 1960 au Vietnam, j'ai passé mon enfance en Afrique.

J'ai aimé écrire très jeune.

J'ai exercé le métier d'agricultrice dans les Alpes de haute-Provence.

Après cette parenthèse qui dura 30 ans, je vis aujourd'hui à Nice

et j'ai renoué avec ma passion de l'écriture.

 

 

Poèmes dans la revue de poésie La Barbacane.

 

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Colette Daviles-Estinès 05/10/2013 16:24


Véronique, c'est une joyeuse surprise ! Bien sûr, je m'en souviens. Comment nous rejoindre maintenant ?

Campana Véronique 04/10/2013 00:19


Non seulement c'est très touchant , mais en plus je retrouve ma colette de Nice mon amie gourmande et qui nous faisait de si jolis dessins et je la retrouve poête toujours dans la sensibilité .
Elle a toujours cette délicatesse et j'aimerais qu'elle se rappelle d'un temps béni à Nice où l' on était quelques amies bien jeunes... et rieuses ...!  

Castor tillon 04/09/2013 12:00


J'ai lu peu de poèmes où le mot qui tue et la surprise nous attendent de cette façon au détour de la phrase. En poésie, Colette Daviles est le remède à la monotonie.


Ayant la version papier (indispensable), je reviens ici avec plaisir au hasard de mes visites sur le web.


Bravo, Colette.

joelle pétillot 12/07/2013 14:52


Est-ce de lire sur un autre support, ou dans un autre cadre ? Toujours est-il que je suis touchée, comme toujours, et sans vraiment la connaître il me revient des impressions comme une voix
familière, entendue de loin. Certaines phrases sont sculptées au ciseau, et nues dans leur simplicité. J'aime beaucoup.

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