LA BELLE VIE MALGRÉ TOUT
Embellissons la tristesse qui suit nos doutes!
Celui qui d'en haut gère l'âme sombre de notre temps, a aussi façonné l'homme pour que la mélancolie vive, lui ayant donné une cervelle sans beauté apparente et un goût prononcé pour d'effrayantes vérités.
Alors le bonheur n'aura donc jamais confiance en nous?
Les montagnes semblent être plus légères que l'idée même de certitude. Et comme si celle-ci n'était qu'un rêve illusoire, tout un parterre de pièces d'or et de campanules de verre fragiles m'interdit d'entreprendre une fuite en avant. La beauté inaccessible du monde est ma prison. Mais une voix intérieure rassurante et plaintive à la fois me supplie de l'écouter pour transformer l'avenir! Et je vois le sang bouillant qui s'écoule de l'aube réchauffer la froideur matinale du lac, lui donnant la fécondité d'un ventre de femme...
Cependant, renouant avec la joie de vivre, je prends mon stylo et mon calepin que j'ouvre comme la fleur s'épanouit, et j'écris ce poème!
La poésie ou le néant.
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POESIE MERE PATRIE
De ta sève immatérielle on soutire l'exaltation et l'égarement enfouis, mère patrie ; toi qui, dans nos illustres manuels scolaires, nous apprend-t-on, est le déferlement des vagues de l'immensité, quand le sang de tes ennemis coule en emportant la vermine sur son dos, jusqu'à ce que, épuisé de se tarir, il disparaisse à jamais.
Que la vie relâche mes os si je mens, mais une autre mère patrie hante sans cesse mes jours et mes nuits. Comme deux mains d'ouvrier chevronné, son air sain travaille pour l'avenir de celui qui n'en a pas! Une grande soif d'amour commune à tous émerge de son sexe inventé! Toute la salive de son immense savoir dont elle déborde abreuve l'ignorant!
Hier mon existence siégeait sur le trône d'une chimère ; à m'en brûler le cœur!
Aujourd'hui la poésie c'est elle ma mère patrie!
JEAN LUCQ
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