LE CŒUR
Si meurent tes bras et tes jambes
où une seule partie de ton corps
ou aucune
rien ne meurt en toi,
si ton cœur bat encore,
s'il met de la vie dans ta vie,
et si tu parle des fusils qui sortent de leurs housses.
Si meurent tes bras ou tes jambes
Ou tu perds tout ce que tu as,
veuille à garder le cœur,
car rien ne meurt en toi
et rien ne se perd,
si tu aimes les Noirs et les Arabes
les Juifs et les autres
et si ton cœur vit encore
comme le bourgeon têtu dans l'arbre ébranché.
Si meurt en toi une partie de ton corps
ou toutes
ou aucune
rien ne meurt mort en toi,
si ton cœur bat encore,
si tu n'écris pas comme on ricane, comme crache,
et comme on cueille les fruits verts dans les prairies sauvages.
Mais rien ne meurt en toi mon frère,
rien ne meurt en toi ma sœur,
si vous aimez les Noirs et les Arabes
Les Juifs et les autres.
Et si vous êtes dans la vie
Comme l'abeille dans les cruches.
***
LES POÈMES
En ce siècle
Il n'y a pas que la pluie qui tombe
Ou les maquisards
Ou ces missiles en érection
En ce siècle
Il y a aussi les poèmes qui tombent
Les poèmes tombent des livres
Comme tombent les seins des femmes
Comme tombe la Mésopotamie
et comme tombent les Pinochet dans le Nord
Ou les Bongo dans le Sud.
Oui
Les poèmes sont dans les parterres
Car en ce siècle les coeurs sont
comme les vidoirs
et les vidoirs sont comme les
coeurs
Les poèmes tombent des livres
Comme tombent les crachats
et comme tombe l'insulte
Dans l'oreille du sourd.
BELKACEM TAYEB-PACHA
Il se présente :
Belkacem Tayeb-Pacha, a édité en 1998 "Au tréfonds de ma Rhétorique d'Être " par Press-Stances en France. Il a 41 ans et est Spécialiste en Dynamisation sociale à Vitoria-Gasteiz ( Espagne ). Outre les poèmes, il écrit aussi des nouvelles et des articles qu'il publie dans les cinq continents du Monde. Il aime, entre autres choses, l'écriture, l'élégance dans la conversation, la culture du Partage dont il parle toujours et la " modeste modestie ".