Tu regardes l’oiseau d’Apollon
Tu l’entends chanter avant de trépasser.
Ce chant de mort, du cygne chanteur
Te glace les tympans
Tu contemples le blanc satiné
qui parcourt le corps de l’oiseau
Tu ressens l'envie de cracher ton cœur
Sur un plancher recouvert de tuiles de Sarre
Ton teint devient livide et blême.
Ton corps devient légendaire
Comme lui tu n'es qu'un vagabond
Prisonnier d'un monde aveugle
qui attend la mort profane en s’enivrant
Des vers du cygne de Mantoue
***
Entre la plume
et puis la page
Sur la chaîne des pourquoi
Tirer ce trait
Intraçable
Brûler les violoncelles
Se réchauffer
Entre les feux de leurs cordes
Loin des nids de ruptures
Ecrire pour rester invisible
SAFIA MOGHLADJ
