SALE TEMPS
Am, stram, gram,
Pic et pics et colères,
Drames.
Des enfants se noient dans la marelle
Des poubelles
De l'histoire naufragée de leur pays en flammes,
Sous l'œil saoul des riches gens des côtes.
Le monde va de travers, bourré,
bour et ratatam.
Doit-on arrêter la comptine ou la continuer ?
Comment faut-il la chanter,
Après ça ?
***
LE GEÔLIER SOUS LA PEAU
L'insistante aiguille bien ancrée
Dans la chair de poule
De sa mémoire junky,
S'infiltre dans son tendre bras de baby-doll
Sous l'oeil d'un scorpion perdu dans les herbes folles,
Qui s'avance, encravaté de fièvre sourde
Poupée sans escale, esclave du venin
Qui trône dans son sang de mescaline,
Elle voit défiler des couturiers en habits nus
Sous la toile de latex de sa came isole échancrée
Quand elle sent la faim,
Elle dévore sa soupe
De viande rouge
Encore fumante
D'un coup de langue crantée,
Sous les feux de ses revolvers sans gâchette
Et des rushs obscurs de son carnaval souterrain
Au bout de la nuit,
Son misérable geôlier la libère,
Enfin
Et ramène son corps
Cassé,
Au bord de l'écume
De ses draps sales et froissés.
***
A L'OMBRE DE L'OMBRE
Dans des cadrans de nacre,
Jouant de la musique sur les contours des pendules
Tic tac, tic tac, le temps tourne comme une ombrelle
Sur le manège aux chevaux de jambes de bois
Dans le parc juste en bas.
Pas pressé je laisse filer l'or et ses filons
Pour regarder passer les aiguilles qui trottent et trônent
En cavalières, sur nos vies de secondes.
Il faut bien oublier qu'un jour tout s'arrête...
WILLIAM BRAUMANN
