à pas lents soulever
les tissus d’amertume
sous les semelles les amis
sous les semelles
ces fines lamelles des jours
de rien des jours sans jour
les tissus en damiers
blancs et noirs les amis
en damiers
ces chemises de peau
d’humains de peau
de bêtes et ces danses tout autour
du qu’en dira-t-on
de ces verres à soi
l’autre est retors
qu’on éclate qu’on écrase
à pas lents
***
débobiner des dentelles et
coudre à jamais
à l’écorce de l’arbre
tous ces voiles de paix
ou de colère parfois
et ces feuilles qui ricanent
ne chômeront qu’une seule fois
c’est si peu
aux quatre saisons le vent
contre
tout contre les mots crucifiés
***
se fendaient en aval
dessous des chaos des remous
des confusions éparses
bouillons de gestes perdus
jamais consentis jamais approuvés
et noyés dans le jus
d’un lierre à tue-tête
encore qu’on s’ébroue en amont
on dénoue des pétales
ça kiosque pas mal
dans ces yeux-là
vert-de-gris à l’appel
de la campagne
CARINE-LAURE DESGUIN
Carine-Laure Desguin aime sourire aux étoiles et dire bonjour aux gens qu’elle croise. Elle écrit des romans, des nouvelles, des poésies. Elle publie dans plusieurs revues et pour Actutv, elle interviewe des romanciers, acteurs ou autres artistes.
Son inspiration ? Dans le souffle des vents, sur les trottoirs des villes et dans les instantanés de la vie, des instantanés qu’elle grignote comme ça, au gré de ses fantaisies.
Aujourd’hui, Carine-Laure Desguin aime dans les textes poétiques la sonorité, la musicalité, des fragments d’ombre et de lumière, de sens interdit et de non-sens.
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