Le jour où la nuit
J'ai rêvé que je
Revenais à ce carrefour
Que je n'ai pas quitté
C'est le premier jour
De la cinquième saison
Mes rêves
Sont des rapaces
Aux ailes repliées
Plaine ravin chambre
La mer est lourde comme
Du mercure et c'est ma soeur
Le ciel un récipient sans fond
Que je lèche comme
On apprend à lire
La source du fleuve
se trouve à l'arrivée
Derrière l'embarcadère
Nos morts sont attablés avec nous
Ils ont tous les droits
Être là et n'être pas
Je leur cours après mais
Déjà le soleil m'éblouit
Mes rêves sont les chevaux
Distraits qui piaffent à la lisière
Des forêts et des villes
Je rêve comme vivre
A contre-jour à contretemps
Ma couverture est repliée
La fenêtre grande ouverte
Le vent éparpille tous les possibles
Me renvoie les pétales
De géranium par poignées
Si foncés si bavards
Si lointains
CLAIRE KALFON
Elle se présente :
Claire Kalfon a été publiée dans les revues papier Petite, Friche et Décharge et bientôt dans Les Ecrits du Nord.
Autres publications dans les revues : Le Capital des mots, Secousse, Ce qui reste, la Toile de l’Un , Francopolis, Recours au poème, Cabaret.
Premier livre paru : "Delta" chez Encres Vives, Collection Encres Blanches, 2016.
Exposition Feux de croisement à la galerie Lyeuxcommuns : dessins d’Annie Barrat / textes de Claire Kalfon ( mars 2015)
