1.
Nous sommes venus aux abords de la ville
Estropiés par tant de gais mensonges
Le regard clair s’est mué en pâle monnaie
L’épiderme de la peur a tout enveloppé.
Nous sommes venus dans l’ombre de la vie
Le dos courbé par les grands miroirs fanés
Et nous portons encore une grâce fragile
Dans les paumes de nos mains libérées.
Nous sommes venus embrasser l’élégance
Mais aussi arrêter de marcher
Guérir nos pieds écorchés par notre absence
Assumer l’amour et l’inexistante beauté.
Nous sommes venus aux portes du matin
Créer un monde naïf et impossible
En bons voleurs d’espoir, en tristes malandrins
Nous sommes venus pleurer dans un sourire.
2.
Ce soir
La musique
Enivrera
L’impossible
Pas de deux
Perdu
Là
De l’heuchera
L’angoisse
Du peintre
Aux rumeurs
Egyptiennes
Le monde flou
Vivra
Rangé en pots
Toujours
A saisir.
3.
La nuit borde d’amertume
Les veufs et blêmes souvenirs
D’un espoir dont l’écriture
Crie des regards posthumes.
Dans le noir se dessine un enfant
Il arrose de son futur
Un arbre mécanique contre le temps
Et prie chaque jour
Pour le voir fleurir comme en terre.
L’horloge tourne lentement
L’aiguille lourde de solitude
L’enfant pleure l’impuissance
Qui le conduit au refuge des rêves.
Jusqu’à l’inévitable dénouement
De la floraison annoncée
On le couvre d’ironiques chants
L’enfant s’éteint
Sa tombe enfin garnie de fleurs.
L’arbre malgré les songes innocents
N’a jamais poussé. Trop mécanique.
ll n’y a pas d’amour
Tout au plus pas assez
L’air creuse des jours
Est d’une tristesse infinie.
4.
La vie - La chienne
La mort - La reine !
Tourne et déboule
Saoule se noie.
Cours et s’écroule
Couronne de roi !
La vie - La mienne
La mort - La chienne !
Clous et la croix
Seul sans loi.
Vices et écrous
Meurs partout !
La mort - La chienne
La vie - La naine.
La mort - La reine
La vie - La chienne.
5.
Le soir se courbe porteur d’espoir et de larmes
La mémoire creuse une ride au fond des yeux
Le souffle est court, visage rivé à la fenêtre
Qui se borde d’une buée chaude et ordinaire.
Le corps s’assèche, le sang lui manque
Demain encore le soleil rencontrera la mer
Une vague s’éloignera, nue de sa houle
La nature sera neutre de l’autre côté de la fenêtre.
Des fillettes courent assoiffées de bonheur
Dans les rires redondants de l’existence fade
Il y en a même une qui légère te ressemble
Elle danse dans les feuilles ivres du vent.
Le soir ferme enfin ses lourdes paupières
Avant les utopies absolues et pathétiques
Qui finissent toujours dans un soupir perdu
De l’amour vain des ultimes secondes.
La vie s’en va. Elle sourit aux nouvelles illusions.
CÉDRIC ROBERT
Il se présente :
Cédric Robert, né en 1986, de nationalité belge, est diplômé d'un master de réalisation de l'Institut des arts de diffusion de Louvain-La-Neuve. Sa thèse ayant pour thème «la contre-culture cinématographique, l'avant-garde et ses procédés pour réinventer le langage cinématographique » lui a valu une l'obtention d'une Grande Distinction. Auteur, poète, réalisateur, metteur en scène, il a réalisé plusieurs documentaires et films dont le court métrage «SINAN» sélectionné par plusieurs festivals internationaux et qui a notamment été primé à Bruxelles et à Porto. Il est également réalisateur en télévision.
Cédric Robert signe son premier livre «Souvenirs Tenus»Poésie, édité par Éditions du Pont de l'Europe, une édition française. L'avant-propos par Calo Brooklyn permet de donner une perspective prospective à la poésie de Cédric Robert par l'analogie métaphorique faite reliant celle-ci aux poètes russes des années 1914 « la Poésie du basculement ».
Depuis sa sortie en août 2014, « Souvenirs Tenus» a recueilli de nombreuses critiques de la part de professionnels et de lecteurs.
Il a depuis écrit un second livre, un essai cinématographique "Beat cinema" reconnu dans les milieux universitaires et par les amateurs d'art.
Actuellement, Cedric Robert prépare de nouveaux livres et films à venir prochainement.
