mon équilibre prend sa source dans les épaisseurs intérieures
partout des enfants encombrés
de mauvais départs de séparations
sans au revoir
mais le mystérieux pouvoir des livres à nous tenir debout
la mémoire remonte
sa présence dans le corps
un peu avant son jaillissement
lui dire viens
nos crinières folles des matins sans école
soupe de limaces à l’escargot servie aux invités imaginaires
un bol plastique pour chacun d’eux sans renverser
comment mettre dans le poème la si singulière vibration des mots en nous ?
ce matin la pluie me fait un sourire
je bois mon café aux lèvres des nuages
j’attends le réveil
les larmes nous rendront-elles la douceur dévorée par la rage ?
je conduis dans la lumière
vers l’est le matin l’ouest le soir
je roule à l’horizon du soleil
si j’observe mon cœur autant de fois que je jette un œil sur l’heure
saurais-je me choisir un chemin à la mesure de mes besoins d’espace ?
une panique à faire trembler les murs
dans nos désirs de bien faire
inattentive au monde
sous le ciel clair
un soupir se propage de la terre au corps
tout
est
bien
là
cette nuit des arbres se sont couchés sous le vent
je n’écoute plus le monde
depuis ce vendredi de terreur noire
je le porte en moi
tout entier
dans que qu’il est
c’est au-dedans
chacun sur son chemin avec ou sans ailes
une vague nous renverse enfants un cri
trempés dans un rire nous plongeons
plus tard nous mettrons des heures à nous mettre à l’eau
avec des grognements de chair de poule
à quel moment cessons-nous de jouer ?
je quitte la cave
où les échos de ta disparition m’ont menée
nos affaires rassemblées à la hâte
une cerise serrée contre le cœur
des fois je me dis que je suis folle
des fois je sais que j’ai raison
brouillard blanc du matin au soir
une faim de rêves d’espoir
le triste agrippé au cœur
Je te berce petite fille
comme personne ne peux plus le faire
JASMINE VIGUIER
Elle se présente :
Née en 1973, Jasmine Viguier écrit, écrit, écrit encore, publie un peu, crée des livres singuliers et des objets poétiques (seule ou avec d’autres artistes), mêle les mots à l’encre de chine, parfois l’aquarelle, se disperse par curiosité, se recentre par nécessité.
Elle a publié aux éditions L’idée Bleue et Contre-Allées. Sous le label <am(i)es, elle a fait paraitre enrobésucrée avec Valérie Linder (2015). Ses textes sont publiés dans les revues Incertain regard, 17 secondes, Terre à ciel, Décharge, Cabaret, N47…
Une ville, accompagné de photographies d’Olivier Grouazel est visible sur Remue.net.
http://remue.net/spip.php?article2915
On peut voir son travail sur son site : jasmineviguier.wordpress.com
