Talon-Aiguille
Tic-tac fait la Trotteuse
Sur ses aiguilles talons
Nul mac ni rabatteuse
Du trottoir tout le long
L'Asphalteuse n'a de cesse
De semer à la ronde
Son cliquetis nous presse
Sous ses pas les secondes
Précèdent celle que l’Escorte
Vous souffle d'un baiser
Le diable vous emporte
Et la passe est passée
***
Sur terre
Des becs à plumes pépient, longs ronflements de fonte
Du tracteur dont brimbale la carcasse mastodonte
Tandis que ses crochets tracent des toiles d'araignée,
Tout l'univers se vrille ainsi pour être vrai.
Sur l’horizon sans fard tremble un ballet de cils,
Des peupliers camisolés hors de l'asile,
Agités tourmentés par des rafales d’idées,
Tout l'univers se vrille ainsi pour être vrai
Le vent vorace s’est épris de l’espace ouvert,
Draguant dans son élan les contours de la terre
Son haleine coupable ébruite leurs secrets,
Tout l'univers se vrille ainsi pour être vrai
ARNAUD LECONTE