Ma poésie
tu es une bouche anonyme
perdue entre mille échos
jamais tu ne signeras tes doigts
midis renversés
sur le miroir des bouches saignant la clarté à mille lieues des ratures des mains fil d’algues bleues
aube demeurée
o nuit rebelle mon poème
tu n’as pas le pur du souffle
décrochant mille printemps blancs
aux pieds des mers
je sais
mais au moins ramasse tes éparpillements
et raconte plus corsées
que toutes les cathédrales mêlées
les ténèbres sauvages des villes
chaque rue nue entre ses silences graves qui dit
déplie-moi la page que j’écrive HUMANITE en lettres de pierres
au moins dis ici
vivre
parmi les tombes oubliées
***
Pour tenter d’étouffer le cri
Si je blesse
parfois
quelques pages
c’est que
toujours
faut-il un lieu
où loger la pierre
je ne cherche rien
à dessiner
ces vides
si ce n’est un geste
pour tenter
d’étouffer le cri
***
Afrique
A toi
mes mains
offertes
entières
telle une avenue
à mes sens
debout
un poème
écrit
à l'aube
aux hanches
d'une fleur
qui marche
dans les rues
de mon enfance
On n'offre
jamais
vraiment
que lorsqu'on offre
de soi
le morceau le plus proche
et le plus lointain
Ô toi
terre si vaste
dans le commencement
des choses
***
Petit-Goave
Tu es Djemila
tu es Grignan
tu es Jacmel
au temps
de lune debout
et mes voyelles
sans voix
voiles
vers l’ivresse des algues
et des grappes mures
de mer
ADELSON ELIAS
Il se présente :
Je m’appelle Adelson Elias. Je suis né un 2 janvier du temps, à Petit-Goâve, une ville située à une soixantaine de kilomètres de la capitale d’Haïti, Port-au-Prince. Je suis journaliste et enseignant. J’écris pour résister aux griffes du vivre. Pour arrêter de douter, que mes mains, une fois, ont tenté de changer la mer. Et le sable. Et le coquillage.
NB : en première publication , il y a eu une erreur sur le nom de l'auteur de ces textes, ce n'est pas Adlyne Bonhomme mais Adelson Elias.
