Débauches...
Frappons aux souvenirs la mémoire s’endort
Poursuivons-en sereins le récit commencé
Mais surtout n’éveillons ce lourd passé retors
Ses plaintes et quiproquos nuitamment avancés...
Dispendieux l’usage de nos vains commérages
A su aux rets sournois suspendre l’innocence
Plagiats serments adieux leur vain remue-ménage
A l’envi falsifiant nos sages inconvenances...
Des qualificatifs suborneurs d’indécences
Sustentèrent ces riens issus du quotidien
Amours minauderies vénielles incidences
Limitant de contours nos schismes épicuriens...
Sentimentalement nos débauches oisives
Vécurent un seul été de brefs ajustements
Poursuites rêveries à l’abri des coursives
Relevant l’entropie de nos éreintements...
Du dialogue affiché si crûment passionnel
Suspendons-en désirs et fausses paraboles
Mais surtout n’ébruitons leurs rites fonctionnels
Les fleuries désinences et autres fariboles...
***
Temps forts...
Le temps fort crie sous
La pluie qui le gifle
Mal avoue son chagrin
Qui lentement se tisse...
Rémission du passé
Résolution du jour
Le temps court
Sus à son éternité…
Le temps fou crie sous
L’averse qui griffe
Désavoue ce temps pour
Ce temps pire qui rifle...
Rémission du passé
Révolution des jours
Le temps court
Sus à son éternité...
Le temps flou crie sous
Les grains qui le biffent
Mal avoue ce temps sourd
Qui lestement siffle...
Résolutions du passé
Et démissions du jour
Le tambour roule
Un jugement dernier...
***
Prières...
D’angélus à mâtines assidus aux prières
Nos parents attentifs au souffle de l’esprit
S’en remettaient à Dieu lui offraient leurs premières
Récoltes et vendanges en guise d’usufruit...
Mais où m’agenouiller sans peur du ridicule
Quel parvis sanctifié supportera l’affront
De m’y voir abandonner un flot de scrupules
Puis m’y dédouaner d’une brève oraison...
Où prier découvert en totale impudeur
Quelle nef quel transept m’offrira ce repli
D’y délivrer sans crainte au père confesseur
De maux trop singuliers l’amère litanie...
Qui donc implorer au risque d’un colportage
Quelle abbaye recueillera mes contritions
Les moines sont vilains férus de bavardages
Lubriques parfois et ladres à l’absolution...
Y saurai-je à mon tour détourné de l’inique
Un office durant à genoux repenti
Transporté par les vapeurs d’encens les cantiques
Y atteindre ce seuil d’où nul ne se dédit...
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Traces...
Derrière les traces derrière les visages
Leurs masques
Se cache-t-il quelqu’un...
Derrière les vêtements derrière
Les ensembles ou gabardines
Se cache-t-il quelqu’un...
Dans le salon
Derrière son mobilier
Ses tableaux ses tentures
Se cache-t-il quelqu’un...
Derrière les collines
Derrière les océans
Les mers intérieures ou non
Se cache-t-il quelqu’un...
Quelqu’un derrière les nuages
Jouant à saute-mouton
Autre que constellations
Et vieilles lunes...
Se cache-t-il quelqu’un derrière ce quelqu’un
En attente d’un autre quelqu’un...
Dont on n’aperçoit
De derrière nos fenêtres
Ni visage
Ni physionomie
Ni ombre
Ni traces...
Seules des apparences
Fausses indicibles
Se réclamant de Dieu... parfois…
Que celui qui après moi vienne
En efface toutes empreintes
Puis à son tour
Prenne le guet...
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Sphinge... triptyque amoureux (1)
Rondeur de tes seins plénitude de tes hanches
Sont-ce pour ces seuls appas que les hommes flanchent
Je me posais la question c’était un dimanche
Tu repassais mi-nue fort penchée sur la planche...
Mes élucubrations se firent indécises
Était-ce faute à Euclide à ton strip-tease
Terminés les mouchoirs t’attaquais les chemises
Lorsque me maudissant tu parlas de reprises...
Ton fer tu reposas rouge de haut en bas
D’un mauvais regard un accroc me désignas
Alors que t’enserrant j’espérais te voir là
Sous l’aspect d’un pardon accorder nos ébats...
On nous attend arrête de faire le singe
J’ai un foutu repassage avec tout ce linge
Euclide je repris sans savoir de ma sphinge
Si elle en priserait l’ardu de ses méninges...
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C.O.D... triptyque amoureux (2)
Chez toi ça paraissait ressembler à un jeu
L’inversion des pronoms la perte de tes clefs
Tu me disais qu’entre le Nous le Il et le Je
Jamais l’individuation n’est assurée...
Bavarde tu parlais de coordination
De paix entre les hommes même du verbe être
Avançais travailler pour une conjonction
En de jeunes amours menant à t’entremettre...
Dès lors te déclarer ma flamme mon affect
Signifia mon renvoi à ma chère écriture
La levée d’une obsession vouée à l’échec
Suite à ton envoi d’une lettre de rupture...
L’attribut du sujet le complément direct
Sont-ce les piliers de la grammaire amoureuse
Fort je le croyais lorsque me clouant le bec
D’un baiser t’objectais la question insidieuse....
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Orage... triptyque amoureux (3)
Fallait-il qu’ils ressemblent à des barils de poudre
Parés pour exploser au moindre attouchement
Leurs seuls bons sentiments n’empêchant que la foudre
S’abatte bruyamment alentour des amants...
Eût été différent si une mèche lente
Correspondant à des jeux des prises de tête
Amoindrissant le pourcentage de l’entente
Sur un mode ‘vivace’ menât l’amourette...
Tu me tiens je te tiens l’accord n’est-il parfait
Autorise des gestes des galanteries
Durant ce temps ou les cartes tarots et dés
Jusqu’à demain peut-être sinon aujourd’hui...
N’entament le décours de la douce bluette
Au dam des amoureux déjà s’effilochant
Qui dénoués cessent de se conter fleurette
Pour mieux se garantir de l’orage inclément...
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D’une Illusion...
Ni brouillonne allégresse ni fier enthousiasme
N’entachèrent à vos yeux cette révolution
Authentifié pourtant l’étroit de son chiasme
Par l’inanité de nos irrésolutions...
De là-haut surplombant le champ de nos batailles
Ces palestres où nos sorts s’échangeaient en destins
Jamais avez-vous eu pitié de la piétaille
Qu’ainsi vous leurriez en l’incitant au butin...
L’action précédant la tempête cérébrale
Amusé vous fîtes s’écharper nos légions
Dans ces pugilats ou du dolichocéphale
A rire vous prêtaient ses laides contorsions...
Fallait-il sacrifier nos vaisseaux nos jeunesses
Supporter les assauts de ces noires factions
Nous condamnant à l’érection de forteresses
Mal nous garantissant de toute irréligion...
Et croisés nous nous fîmes et nous nous engageâmes
Sous vos juridictions leurs fallacieux auspices
A hisser vos couleurs digons et oriflammes
Malgré les préventions d’indiscrets haruspices...
Fallait-il emprunter ce chemin des croisades
Accepter leurs rituels et morbide talion
Terrorisés nous fûmes quand leurs escouades
Descendues du Levant forcèrent nos bastions...
Bien sûr des errements ont falsifié nos âges
Confondu nos espoirs à ceux de l’ennemi
Transcrits leurs hauts faits sur de hasardeuses pages
Démoralisaient nos plus valeureux conscrits...
Depuis longtemps franchis Rubicon et solstices
Nos armes déposées nous demeure l’hiver
Pour réfléchir enfin sur votre aide complice
Vos sombres désaveux et partis pris mon cher...