J’écris sur un nuage
Blanc
Voluptueux
Petites boules enlacées
Qui déteignent sur mes vers de poète alangui
Les mots s’assemblent en rond
Sur les bords de la marée de coton
Puis naviguent
Font des boucles
Qui enlacent et traversent
Le bouquet blanc devenu rose
A force de poésie
Il se peut qu’une pluie fine
S’écoule vers la terre en long filament
Entraînant dans sa douce plongée
Des vers frères et sœurs des boules de cristal
Peu de terriens le savent
Mais il est vrai
Que les gouttes d’eau venues du ciel
Cachent parfois sous leur humidité
Des pensées de beauté
Écrites par un sage
Marié aux nuages
***
Il faut bien
Qu’au détour de cette longue journée d’ennui pluvieux
Venant des profondeurs de la terre
Il s’en construise
Des mots sentis
Aimés
Oh combien aimés et sentis
Des mots qui s’ouvrent sur des images
Belles et foudroyantes
Pour dire la vie
Une vie de travers certes
Mais de fleurs parées
De couleurs d’étincelles
Et puis si ça ne suffit
Il faudra creuser
Sonder
Prendre un nouvel élan
En quête de nouvelles pépites
Des diamants éclatants
De rouges et vertes pierres brutes
Aux angles aiguisés
D’ apparaître
Autant de présents
Dessin d’un horizon lumineux
Pour que se dissolvent les sombres contours de ma mélancolie
***
Une ville
Comme une île
Dans ma maison de rêve
Je te dirai restons
Je te dirai
Partons
Nous les sillonnerons
Les parcourrons
Au milieu de leurs objets répandus
De leurs forêts profondes
Dans les rues nous cheminerons
Éblouis
Par des rencontres fugaces
De fugitifs de pays lointains
Dans la froideur des temps présents
Nous chercherons la douce tiédeur
De la maison secrète
Heureux de naviguer
Dans des contraires
Apparents
Réduits au bonheur de vivre dans l’instant
***
Va ma poésie
Avance
Sans te retourner
Défie-toi
Des souvenirs anciens
Empreints de mélancolie
Sois ferme
Ne te laisse pas attendrir
Va ma poésie
Avance
Cherche sans fin
Dans le cours de la rivière
Au-delà des montagnes
A travers la forêt
Dans ses grottes profondes
Les mots vrais
Qui
Forgés par quelques tours de magie
Transformeront le monde
A force de beauté
JEAN-JACQUES GLEIZAL
Il se présente :
Je suis universitaire (professeur de droit et de science politique) à la retraite. J’ai enseigné le droit et la science politique, plus particulièrement l’administration et les politiques publiques. Aussi expert en Afrique pendant 12 ans sur le développement institutionnel.
Mais toujours amateur de littérature (mon mémoire de science politique était sur Stendhal) et collectionneur d’art (contemporain et africain). J’ai écrit sur le droit ainsi qu’un livre sur l’art contemporain. J’écris actuellement sur des artistes.
Je pense que j’ai toujours écrit (littérature), notamment en voyage. En 2014, un roman que j’ai laissé dans mes tiroirs.
Pour la poésie c’est plus récent. J’en écris constamment. Par exemple le défi d’un poème par jour. Au bout de 80 j’ai arrêté et ai repris un rythme sans recherche de « performance ».
Pourquoi j’écris de la poésie ? Ce sont des images qui viennent, des mots et des phrases et puis l’envie de poursuivre le cheminement. C’est aujourd’hui ma façon de vivre avec l’art, dans l’art. Comme l’écrit Rilke, il se fait alors qu’« être ici est une splendeur ».
Actuellement je vis en Bourgogne où nous avons constitué une compagnie de poètes, « Accords écrits ».
J’ai dû écrire environ 200 poèmes.
FEPEMOS va publier en décembre « Se toucher » dans sa version papier. La revue « Le capital des mots » vient par ailleurs de commencer à mettre quelques-uns de mes poèmes en ligne.
gleizalj@gmail.com
