Isolé sur ce vert plateau, entouré de rongeurs, le sommeil haché, nerveux, je vois le dernier rang des médiocres m'éviter avec prudence, le cœur lourd, avançant contre le vent sur mon vélo au milieu de ces terres agricoles épuisées, je n'ai d'autre point de mire que cette vérité suprême, lorsque tout s'écroule sous les semblances de ces gens empêtrés dans leurs certitudes, le soir étendu dans la position du cadavre je murmure l'aum primordial, dans l'au-delà je serai paré de toutes les médailles impériales, je le sais parcours trop dur, trop d'épreuves dont je sortis presque indemne quelques coutures et souffrances, la perversion des tristes cons s'évade de ma mémoire saturée d'horreur, la plénitude me rejoint et la cigarette aux lèvres, j'esquisse un léger sourire, une fine larme coule, rien, juste un passage, rien juste une larme.
2 novembre 2019
GEORGES THIÉRY