J'aimerais
J'aimerais voir ces chemins
J'aimerais comprendre toutes les routes,
les sentiers rocailleux et tant d'autres
J'aimerais aimer le doute
et ne pas avoir peur de me salir les mains
J'aimerais avoir cette vision qui est vôtre.
J'aimerais avoir la force de lutter
contre mes faux dons de nouveau-né
Et prendre ce qui s'offre contre vents et marées
et tout contre la paume de l'arbre solitaire
et tout contre le cœur de l'amant solidaire
Eclore comme une brisure sur des lèvres gercées
***
Ca me fouette le visage
Ca hérisse mes cheveux
Ca me fouette la voix
Pour ne pas me faire parler
Ca obstrue mes pores aussi
Pour ne pas les faire jaillir
Ces couleurs au-delà des ombres
Ca broie certains de mes membres
Et me laisse l'envie de suffoquer
Je ne me débattrais pas
Alors ne me le dis pas.
Ne me dis pas qu'il est temps de grandir
Et d'oublier
Une enfance et le fait d'être née
- Comme par mégarde -
Alors, ne me le dis pas,
Je n'ai pas envie de courir
Je n'ai plus envie de fuir
Et ça me broie certains de mes membres
Ca atténue la chanson
de la plaisanterie
D'être là et pas ailleurs
Ca me fouette le coeur,
au bord de la nausée,
Pour avoir respiré
Un peu trop de décombres
Poussière verdâtre qui s'encombre
De petits restes de "toi"
***
Parce que je...
Sentir en soi la déchirure
Sans pouvoir rien y changer
Sentir en soi cette salissure
De n'avoir rien fait
Le méfait s'est enraciné
et a créé un Monstre et une Princesse
Mauvais plaisir inachevé
On reste sur ce non-décidé
Sentir en soi une émotion
A peine voilée
Sentir en soi un sentiment
Que l'on ne peut prononcer
Qui veut savoir où est la clé du coeur
et le désarmer?
On s'appelle Personne
et On meurt d'avance
En regardant ce qu'il reste à parcourir
Ce n'est pas qu'une évidence
Quand on trouve de quoi se recouvrir
On meurt d'avance à la face des "toi"
Irrémédiables autres que l'on cherchera
Pour savoir si c'est grave ou pas
Pour savoir si on est vraiment personne...
Le jeu du masque ne s'arrête pas
On se convainc que l'on est rien
On se convainc qu'on trouvera
Enfin ce "toi à moi"
Mais on est toujours plus âgée alors on sait d'avance
Qu'on mourra seule, sans récompense
Pour avoir souvent tue le vrai
Pour avoir souvent voulu s'achever
Sans y parvenir.
CHLOÉ GALLAND
Elle se présente :
Je m'appelle Chloé Galland et suis étudiante en première année de Master à l'Institut Universitaire Professionnalisé d'Arles (13) en Parcours Administration des Institutions Culturelles. J'ai 25 ans et je suis née à Martigues (13). J'écris des poèmes depuis l'âge de 15 ans et je travaille sur un roman depuis plusieurs années. Mes influences sont littéraires et sont autant Baudelaire que Rimbaud, ainsi que Joë Bousquet. Sinon, en-dehors de la poésie, j'aime lire de la fantasy et du fantastique.