Hors-chant
La longue nuit s'amenuise
Poreuse
Persiste une buée d'hier
Hors-chant ténu
Qui tient la note
Et puis se fêle
Distille des grumeaux de lune
Friables sous la dent du jour
Mordre à demain
Le goût des songes
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La mémoire métisse
Je découds le bord à bord
Du bout du monde
Et des saisons
Bleu minéral de l'hiver
Soleil abrupt en surplomb
Velours côtelé des labours
Horizon hachuré de pluie
Aux andains de roches plissées
Trame de vent
Trame d'un temps effiloché
Restent l'accueil d'un rivage
Pruine de sel des galets
Mémoire métisse taillée
Dans l'à vif
Et l'aboli
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Contre-soir
Dans l'encoignure de mes murs
un crépuscule similaire
au feu tout flamme
contre-soir
Il est des soleils rémanents
dont la lumière indélébile
longtemps affleure à la surface
Un linteau vermoulu
la photo répétée d'un Sahel de dune
où mon enfant trottait
un genou, une hanche
Pendus au bleu des poutres
des chardons de poussière
et le parfum fané
d'une rose rouge
sèche
COLETTE DAVILES-ESTINÈS
Naissance au Vietnam, enfance en Afrique. Anciennement paysanne, aujourd'hui citadine.
Elle puise son inspiration dans un sentiment de perpétuel exil.
Quelques textes publiés à La Barbacane, LE CAPITAL DES MOTS et La Cause Littéraire.