Insomniaque
Insomniaque
Je vies à l’écart du sommeil
Je rêve et vie
Dans un cadre mal éclairé
Au gré des semi-connaissances
Mon âme disputée en semis
S’agite dans l’écran
Jusqu’à vider le temps
Jusqu’à sceller l’image
La lune efface
L’avant-scène où je me tiens
Oblitérer déblatérer
Cocktail explosif
Technicolor dans la purée
Tête spiritueuse
Jusqu’au quart mollet
Je dormirai au pied standard
Du plafond des oiseaux
L’aube indique un flot
Véridique soft nausée
Dans le nouveau manège
A longer les murs
A s’attabler
A s’attarder à se disjoindre de la table
A comparaitre à afficher
A planquer son œil dans une chaise
A tordre les mots de nouveau
Au toit nappe décors
A l’orée de ton corps
Qui s’éveille
Je fuse et prend dates
Oblitère astral nu
Gomme tactile aux degrés de lune
Efface mes rêves
Que je rejoins dans le jour
Je ne dormirai pas longtemps
Avant la fin du jour
***
Charnier passager du sommeil
Sommeil éclipse
Visage creux
Qui reçoit le mort
Visage dans le visage
Visage plein
D’enfant sans un pli
De cris d’oiseaux de lésion de l’air
Dans la cage auprès d’un cri
Léger
Sans une aubade sans un mot
Le visage se désemplit
Morsures et plaies
noyau creux
Engouement
Des yeux inversés
les plumes
De l’air multiple
S’éparpillent
Dans le silence de ces miroirs que l’on lèche
Raies multiples de l’amour amusé
Des oranges vertes que l’on jette aux vautours
Des fleurs dont on parsème les cœurs endeuillés
ces cirques bleus
qui reviennent
Dans les paniers dans la lune
Autour des écorces
Les soucis révolvers ou les cris qui libèrent
Chaque repos de guerre noyée
Chaque mot plat
Amour
Que l’on jette aux rues aux visages passants
en lancers de disques
Musiques
Que l’on jette aux chevaux
Aux yeux apeurés des femmes violentes
Dans chaque nid il y a un bec
Une flûte malencontreuse
Un deuil
Une raison de dire
Un poème
***
mères océaniques et leurs petits rêves malingres
nous installent
parmi violes et violons
A ne plus rien lire
A goûter la page
Caféine
Pain
Tartines
Vie dressée
Bien faite
Identique
Des cœurs en berne
Des cils froncés et des haines
Des yeux grimpés là-haut
Coiffés de ces fils qui vont leurs parchemins
Comme les plaies élégantes les fenêtres sur cours
Comme ces haines que l’on chasse nuques penchées dans l’écritoire
Des écorchures de la mort vidée violée plaintive
Où le sexe est un écritoire une pénombre blanche
Une lune ouverte
Du cœur parchemin qui saigne
Qui récupère sa vigueur
Du cœur égotiste qui fait son chemin
Dont les rêves ravivent les veines
L’essor malade les pièces des voies distillées
Des caps joués cruels
Des études bien blanches du sommeil
Des vides et des vies
des miroirs suicidés
des regards faciles
il faut être un peu mort pour trouver la paix
DELPHINE GEST