dans un verre d’eau suffit le dé à coudre
La planche à dessins
Montre la bombe
C’est son intime cocon
Elle la décrit la fabrique l’élabore
Le coude planté dans le bureau
le nucléon dans le monde
la fera exploser
dans le dernier flux du hasard
un adorable garçon meurt et sa mère à ses pieds rampe
Chat en long étalé
dresse l’oreille et s’enfuit dans les gouttières
Des yeux de lumière le remplacent
Dans les gouttières s’efface un songe
Les lanternes lancent leur flamme en chaos où
On ne distingue plus rien d’autre que le feu
Le feu qui nous entoure le feu qui nous submerge
Fait éclater le cœur de la ville
Mèche de lumière nébuleuse
que je touche palpe et m’enfuis à quatre jambes
Au plus loin une île blonde
Une luisance ou une nuisance
Un pli le long de la jambe
Me retient immobile sous une quille d’acier
continuant à parler comme si de rien n’était
Il n’y a dorénavant aucune démission
Juste beaucoup de travail vacant
Nous devons nous débrouiller avec la bombe
Que les savants qui ne savaient pas ont lâchée
Son pli d’urgence qui goutte
Finit par appareiller dans le vide
Et se refaire de long en large dans les couloirs
Où les humains courent et se bousculent
Et dans l’obscurité de la voix
La mélancolie
On a croisé mille autres branches
Où l’on voulait se rattraper
ce dimanche que l’on a regardé passer
Dans un soupir retenu
ces forcenés qui ont créé la bombe
et ceux qui l’ont jetée sur la terre
sont meurtriers de l’humanité toute entière
qui ont Suicidé l’Homme
ont fait de la terre un charnier
DELPHINE GEST