Tôt une odeur un gris la flèche au clocher
entre aurore au frais ardoise
les murs nitée graniteuse
rue au tas des maisons
soleil curieux pointé
à l'œil gratte les façades
trogne bourrue la limousine
embourgadée lourde au temps
usé à l'arête de la pierre vissé
aux poutres noires des châtaigniers
déjà les buées de soupe et
le poisseux de vieille nicotine
damasquiné sans filtre
sous l'ongle du jour jauni
trottinent carcasses aux trois pieds
et dandinent leurs velours aux pas
à remonter vers le four ouvert
la bouche âcre de fumée pleine
vers la méridienne pitancière
où craque la croûte du pain.
****
Vers chiron
vitreuse lumière en
linge de vieille lune
aux cheveux blancs,
qui clos de l'intérieur
viendra maillon l'ultime
ma grange immense aux félicités
***
Tout mon temps je le passe
à passer le temps
pensées ou gestes
tout s'égare
le peu qui reste
le hasard
les quelques caresses
le plaisir d'aimer
la soif, la faim rassasiées
seront les quelques pierres
à marquer
JACQUES CEAUX
Né le 1er juillet 1962 à Ussel en Corrèze.
Habite à Verneuil sur Vienne près de Limoges dans le Limousin.
Plusieurs de ses textes ont été publiés dans des revues de poésie, depuis ces derniers mois comme Point barre, Poésie/première, Libelle, Les tas de mots, Vents Alizés, Traction-Brabant, Florilège, Haies-vives, Le capital des mots, Francopolis, Arbre à lettres, Népenthès et Gelée Rouge (et prochains numéros de Traversées et de Les cahiers de poésie)
( Quelques uns des poètes contemporains qui l'inspirent :
Jacques Ancet, Jacques Dupin, Yves Bonnefoy, Colette Gibelin,Valérie Rouzeau, Antoine Emaz, Philippe Jaccottet, Guy Goffette, James Sacré ... )