Te faire l’amour t’écrire
c’est pareil
Tu vois
je n’écris plus qu’à toi
Pareil la flèche traçante
pareille pointe de combat
Ma langue pareil
s’époumone de remonter ce cours d’encre et de sang
l’âtre
et le fleuve
essoufflé de ronces
essoufflé de soif
Nos lisières mitoyennes
goûtent à la noire sincérité
de ma paume à mes doigts
sur ta page
demeurée vierge
et c’est l’essor fouisseur du poème
l’empreinte du silex
dans l’allée
milliers de feuilles
essaimées
squelettes
d’arbres
sablier
milliers de peaux
mortes tombées
noyau
d’homme
chute invisible
dépouillement
son œil est à l’absence
femme dormante ouverte sur le toit
sur l’écume iodé d’un souvenir
(je le sais à l’oiseau qui traverse sa tempe)
elle n’a plus maison ni jardin
plus de reflet tronqué dans la buée du soir
ni même d’enfant bleu fiché dans sa poitrine
ses cheveux se décoiffent
ses doigts s’amenuisent
tout angle s’adoucit
de son visage en
fractions de secondes
qui seules
demeurent
RODRIGUE LAVALLÉ
Il se présente :
J’ai 40 ans, conseiller d’insertion professionnelle dans la région lyonnaise. J’écris depuis quelques années sans avoir tenté de publication