HORS SOI
les yeux brûlants lourds
toute cette partie du visage
des sourcils aux pommettes
lourds dis-je de nuits sans suite
dans une sorte de posture
comme adossé à rien
la ligne d’horizon penchée
s’écroule à l’intérieur du corps
à commencer par quelques miettes
qui finissent finiront en gravats stupides
quelques miettes d’horizon
en gravats stupides
et c’est doux quand même
et ça fait mal doucement
on a relâché son poing qui serrait fort
un amour une mère un enfant
(mon amour ma mère mon enfant
lâché mon poing si fort)
debout sur un balcon
au bureau peut-être en plein jour
une chambre d’hôtel une maison de plage
à se demander pourquoi ça penche
pourquoi comment combien
ça penche tant si fort soudain
*
S’il est possible
compter sur
toutefois
chaque phalange
de chaque main
celles d’en bas même
les lignes permanentes
furtives anciennes
inédites ravines et
s’il est possible compter
encore sur soi-
même un peu
*
ça finit bien par arriver
toujours dit-on
jamais à l’abri
ça commence un matin
sur un air de déjà-vu
goût sur la langue
ça échappe un moment
cette sensation alors
on cherche on repasse
c’est peut-être un truc
mâché de la veille
entre les dents coincé
ou mieux que ça
ce rai de lumière sur le pan
de mur mauve
on sait pas c’est
c’était
juste avant le désir de tomber
( à suivre )
RODRIGUE LAVALLÉ
Rodrigue Lavallé est conseiller d’insertion professionnelle dans la région Lyonnaise.
Il publie des textes dans des webzines tels que Le Capital des mots, Voxpoési, Ratures, Soc et Foc (florilèges)...
Certains sont parus dans des revues numériques ou « papier » : Incertains regards ; Bleu d’encre ; 2000Regards ; FPDV ; Les tas de mots ; Le livre à
disparaître ; Paysages écrits ; Vents alizés ; Comme en poésie ; L’assaut ; Levure Littéraire ; Traction Brabant ; Gelée rouge...
A paraître : Recours au poème (septembre 2013) ; Haies Vives (Septembre 2013) ; Nouveaux délits (Octobre 2013)...