Rue de l’Epine
Deux arbres semblables
Au coin de la rue
Ont remplacé cet immeuble disparu
Où un dimanche de juillet
Je t’ai rencontré
La maison a brûlé
Le temps a passé
Deux arbres ont poussé
Une trace est restée.
***
SES MAINS
Elles étaient là pour m’accueillir
A l’aube de juin
Elles me forgeaient un avenir
Fait d’amour et de pain
Elles ont remué des montagnes
De linges et de fruits mûrs
Ont grimpé des mâts de cocagne
Accroché des étoiles à nos ciels les plus durs
Sont venues caresser nos joues
Remplir les vases de nos fleurs
Au long des années qui déjouent
Les plans établis du bonheur
Elles savaient dessiner des rêves
Qui devinrent aussi les nôtres
Elles savaient ouvrir les portes
Les refermer sur le silence
Mais les orages du temps emportent
Les mains auxquelles je pense
Les mains de ma mère
***
Le pont du Fresnoy
Les ronds dans l’eau sous le demi-cercle du pont
Et la ronde des jours
Nous lie à l’eau
De la mémoire
A l’ombre du pont soupirent nos flirts d’avant
Ceux de nos enfants
Ceux qui y vécurent leurs amours
En sortant du bal du Fresnoy
Et ceux qui aujourd’hui s’y promènent encore
YVETTE VASSEUR
Elle se présente :
A étudié au CUEEP de Lille, retraitée, aime lire, écrire, peindre.
Rédactrice de « Echo de ch’Nord » depuis 1999.