Je revois un Charter comme un alligator
Et des mains négatives aux temps solutréens
Quelques moines cloîtrés fumant dans le jardin
La rue des Capucins aux îles des Comores
Il m’arrive d’entendre un dialecte animal
Une braguette ouverte au fond d’un Duty Free
Ou bien l’homme Atlantique au bord de l’agonie
Et puis cette Irlandaise en orgasme à l’escale
Je vois un joueur d’échec et son mat impeccable
Une fille blondinette accrochée à mon cou
La traversée en barge au port de Mamoudzou
Avec un scolopendre assis sur une table
J’ai croisé hier au soir un australopithèque
Il était mal en point la mine déconfite
Un trou occipital comme un cornet de frites
Et trois pithécanthropes célébraient ses obsèques
Et j’aperçois encore au bout de mon réveil
En bas de mon immeuble un voile sibérien
Un début d’espérance en forme de vagin
Comme une clé de sol entre mes deux orteils
***
De la varangue des cent villas
On voit les bangas en terre rouge
Des bwénis suant en salouvas
A la jumelle leurs seins gras
Qui bougent
Ewa
Et plus elles sont grosses et plus c'est beau
Et plus c'est beau et plus c'est alléchant
Et quand elles portent un petit sur le dos
Le petit semble tout petit
Vraiment
Ewa
Mais il faut encore les voir au marché
Quand elles sont affalées sur le dos
Bien étendues jambes écartées
Ayant l'air de vous regarder
De haut
Ewa
GUILLAUME DECOURT
Extraits de "A l'approche", éditions Le Coudrier, 2015 , avec une préface de Guillaume Métayer et des illustrations de Nathalie Reuter.
http://lecoudrier.weebly.com/approche-a-l.html
Guillaume Decourt.
Plus d'infos : http://www.recoursaupoeme.fr/po%C3%A8tes/guillaume-decourt