Un ou deux : variations
Nous me manque
Certains jours
Jours incertains
On marche moins vite
Quand on a mal au je nous
Je suis euphorique
De notre éloignement
Cœur lourd
Je pèse 52 kilos plus toi
Qu’on puisse se passer l’un de l’autre
C’est comme il n’ y a plus de saison
Tourner la page mettre un point final
Est-ce que ça respire mieux ?
J’aime ce qui commence
Je suis aveuglée par ce qui se termine
J’hésite sur ce qui recommence
Mon frère m’a bien dit de ne pas confondre
La perte de l’amour et l’amour de ce qui est perdu
Etait-il question d’amour ?
L’amour n’est qu’une question
Comme les morts qui me manquent
Tu me tapes sur l’épaule
Au moment où je ne m’y attends pas
J’ai envie d’aller voir
Mais je n’irai pas
Quelques rues nous séparent et pourtant
Un fossé aussi grand que la peur de souffrir
C’est difficile à comprendre
L’amour séparationnel
De trop près on ne se voit plus
Inutile de croire qu’il y a juste des lents et des rapides
Quand il n’y a pas d’élan il n’y a pas d’élan !
Tenir à lui tenir à elle
Tenir à elle avec lui
Ou bien tenir la tête haute
Garder la tête haute
Et les pieds sur terre
Quel étirement !
Et les sentiments ?
Sur la corde verticale
Entre terre et ciel
La douceur arrive quand
Fond la crainte avec le premier dégel
Seulement le premier
Nos corps s’amincissent
Erosion des carapaces
Une joie soudaine comme marcher
Sur une crête en oubliant le vertige
Quelques matins peuvent effacer une nuit
Je ne sais pas où tu es
Je ne sais pas où je suis
La température varie d’une semaine à l’autre
Parfois on fait une entorse
Qui nous remet d’aplomb
Il faut se quitter pour pouvoir se croiser
Un petit sac de terreau à bout de bras
Pas besoin d’être dans la chambre
Pour se rassembler
L’unité
On peut s’en tenir là
Car nommer ce chemin
Est peine perdue
Quand l’arbre penche
Dans un sourire oblique
CLAIRE KALFON
Claire Kalfon a été publiée dans les revues papier Petite, Friche et Décharge et bientôt dans Les Ecrits du Nord.
Autres publications dans les revues : Le Capital des mots, Secousse, Ce qui reste, la Toile de l’Un , Francopolis, Recours au poème, Cabaret.
Exposition Feux de croisement à la galerie Lyeuxcommuns : dessins d’Annie Barrat / textes de Claire Kalfon ( mars 2015)
