I.
Humanité en débâcle
pour un siècle au moins
si elle repart.
Vive la liberté de penser
sans le fil à plomb du Progrès
cassé
sans espérer
sans pouvoir croire
sans pouvoir croire trouver
quelque chose
Mais qu’advienne
Ô joie de la découverte
et de la connaissance du Peu.
II.
Des yeux caressaient
le doux dos nu de la fille
des attaches fines et ces mains
qui servaient des bières fraîches
allumaient des bougies
et des regards pleins
et ces désirs précis
comme le feu du drone
sur l’abri du barbu buté
loin de la ville convoitée.
L’homme scrutait
de jeunes courbes de lumière
dans la salle éteinte avant l’heure fatale
où la matière vivante
rêve
de se dissoudre
en étreintes animales
quand la mort fauche
l’hôpital de campagne.
III.
Le lit encore moulé par les corps
de la dernière étreinte
sentait le chaud d’un passage
et elle tira les draps
sur un secret
dont les tombes sont pleines
tandis que la rue accueillait
l’homme remontant son col
qui retournait
dans le cours de sa vie
fragile comme les saisons
dans la douceur délétère d’un décembre
des temps d’ici.
Inédits
NASHTIR TOGITICHI
Nashtir Togitichi, né en 1959, vit à Paris. Lit et écrit de la poésie pour vivre, un peu comme d’autres feraient de la méditation.
Publications sur le net : dans « Capital des mots », « Francopolis » et tout récemment, « Recours au poème ».
A publié un recueil : Si tout se casse la gueule, précédé de Contraintes du temps, Edilivre, Septembre 2015
A paraître : Chroniques de l’antépénultième
