Horizon
Nous nous tuerons,
ce sera le plus facile,
Nous nous tuerons,
dans le plus beau meurtre,
le sacrifice parfait.
Nous nous reviendrons,
le sang quittant nos veines,
dans l’infini
du gouffre sans fin.
Corps démembrés
en tombes communes,
ou dans les recoins
des tréfonds de la terre.
Nous descendrons,
dans l’ombre qui abime
le couloir ouvrant
la marche silencieuse
de la lampe aveugle
dirigée par une ombre
des hommes identiques
sans voix, sans voix
étouffés par les cris.
Nous marcherons sans pieds
sans pieds, sans pieds,
jamais.
Nous ne tuerons plus,
ce sera très facile,
dans la vague profonde
de la mer éteinte
et de tous les sangs versés
dans le creux de l’abîme
et de la faim du monde
dans l’horizon fermé
NASHTIR TOGITICHI
Il se présente :
Nashtir Togitichi, né en 1959, vit à Paris. Lit et écrit de la poésie pour vivre, un peu comme d’autres feraient de la méditation. Psychologue clinicien, militant associatif dans le champ de l’écologie politique, rédacteur pour le journal en ligne lagueuleouverte.info
Publications sur le net : essentiellement dans « Le Capital des mots », mais aussi « Francopolis » et « Recours au poème ». Participation à une scène de Poètes à Paris (« Tremplin des Zarts », avril 2016)
A publié un recueil : Si tout se casse la gueule, précédé de Contraintes du temps, Edilivre, Septembre 2015
Pour bientôt : Chroniques de l’antépénultième.