Le tunnel
Impasse.
Je marche dans les ténèbres.
Ce qui est consolant
c’est que je continue d’avancer.
Mais je ne sais pas
pour combien de temps encore.
Il est possible que je voie une certaine lumière
d’un instant à l’autre.
Mais il est possible qu’au bout
je m’écrase.
***
Au cimetière
Demain
je viendrai te voir
sous le marbre
gelé.
Mais là
je ne te trouverai pas
je trouverai
mon enfance
mes rêves d’enfance
gelés
pétrifiés.
***
Prends-moi la main
Prends-moi la main.
Cette main
qui tremble
de fautes
et de péchés.
Cette main
qui devrait
être coupée
fondue
et jetée
aux ordures.
Prends-la
et conduis-la.
Je ne sais pourquoi
mais il te faut me pardonner.
Cette fange
n’est pas mon invention
ni la tienne.
Cette fange
est le côté
le plus pur
le plus chaste
le plus immaculé
de la vie.
Traduit du grec par Babak Sadeq Khandjani
STAVROS AMBELAS
( Présentation par Babak Sadeq Khandjani )
Stavros Ambelas est né en 1968 à Zante. Il a eu son premier contact avec la musique dans l’orchestre philharmonique de Zante, dont il a été membre pendant des années. Il a étudié la musique au conservatoire d’Athènes, et, plus tard, à l’odéon de Philipos Nakas. Il a été membre de l’orchestre de musique moderne d’ERT (radio et télévision hellénique).
Il s’est intéressé à la poésie dès son jeune âge. Depuis 1996, il travaille à Zante en tant que professeur de musique dans l’enseignement primaire. Il est licencié, en 2007, de l’université libre grecque en études de la culture grecque, et, en 2011, de l’université de Patra en littérature grecque.
***
Babak Sadeq Khandjani est né en 1981. Il a fait des études de littérature française. Il a commencé à apprendre la langue grecque en autodidacte. Il a traduit des poèmes pour différentes revues françaises et grecques (Cahiers de poésie, Souffles, Comme en poésie, Traversées, Point barre, Libelle, Le Cerf-volant, Eneken, Emvolimon, Sodeia ). Il a également traduit trois livres : Le Loup (Marcel Aymé, en persan, 2013), Sur le quai/ Après la bataille, (Denis Emorine, en grec, Vakxikon, 2014) et Les Murs de sable (Chahab Mogharabin, en français, Edilivre, 2016).
