700 Recours à la Force
Le troisième jour se sont endormis
Les gardiens du tombeau.
Les infiltrés qui sommeillaient se sont révélés.
Nous voici tous en territoires d'ensauvagement.
Nous avions espéré le pouvoir de l'amour
Et insidieusement engendré l'amour du pouvoir.
Disparus les célestes clochards
Dans le velours de l'aube.
Il n'y a plus d'abris
Les velvet underground ont été comblés.
L'impensé dans l'immensité s'est perdu.
Comment sortir de l'immobile?
Ce n'est pas parce qu'on s'est construit un nid
Que l'on ne peut plus voler
Faire l'amour à la belle étoile
Sur un lit sous cieux
A partager l'insomnie des arbres
Amorcer un retour à notre force intérieure
Et fraternels s'ouvrir à l'insurrection
Pourquoi chercher le vivant parmi les morts ?
Peut-on espérer une trêve à Pâques ?
©CeeJay.
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691 Le passé reste à venir
Me secoue le ressac des mers anciennes
J'entends Homère dire ses immortels vers
Vraiment écrire laisse des traces indélébiles
Balayées par les faisceaux du phare d'Alexandrie.
Cette mer de poésie submerge les âges
Et les monts de la terre sans cesse labourés
Par quelques millénaires géologiques.
Les baisers de Platon effleurent mes deux tempes
Les lauriers de Sophocle viennent me ceindre le front
Ces visites ont sur moi l'effet d'un chant de sirène
Symbole de l'âme des morts
Fille d'Achéloos qui a tenté Ulysse
Et je suis moi aussi aspiré par ce trou dans le temps
En danger de succomber à la mélopée du poème
D'en rester prisonnier à jamais sans plus écrire un mot
Dans ce passé du temps qui reste à venir.
©CeeJay.
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655 Angélus.
Les oiseaux font silence
Devant le visage du couchant
Les brisures de crépuscule
S'épanouissent lentement
Au ras des pâturages
Un mirage de bonheur
S'efface adagio cantabile
La rivière suspend son cours
Et se tait
Ni ennui
Ni espérance
Une sorte de paix majestueuse
Qui rôde
Et s'étend comme un brouillard
C'est l'heure de l'esprit
Et des pensées fécondes.
©CeeJay.
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701 De Pain et de Force
Les livres ont fait nos abîmes et nos cimes
Qu'avec l'encre noire la poésie puisse resplendir
S'entacher de couleurs et de visions légères
Qu'avec les mots écrits prennent racines nos vies métisses
Que l'homme accepte la fierté d'être multicolore
La force est celle de la graine minuscule
Qui avec un chétif cotylédon
Tel Hercule, repousse la terre jour après jour
La perce pour émerger à la lumière
Et grandit à dépasser les montagnes
Crépitent les bûchers de feuilles mortes
Réfraction des escarbilles en bord de paupières
Dans les larmes de fumée
Aveuglement de lumière qui replace de la vie
Dans les cerveaux enténébrés
Nous sommes enfants quand nous dormons
Là nous vient le sourire de l'âme
Et l'apaisement du corps
Les mots quittent les pages par bond
Courent en tous sens s'échappent pour explorer le monde
Tandis que les fous ivres de sang les brûlent
Je suis livre de sang
Je suis pour que tous les Ulysse retrouvent leur Itaque
Que cette terre où nous poussons soit nôtre
Que l'homme nourrisse l'homme de pain et de force.
©CeeJay.
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631 Parodie
Je n'attends plus l'appel
Qui eût magnifié le poème
La force à combattre pour vivre
Il eût suffi d'une porte qui s'ouvre
De la proximité d'une âme
Pour éloigner la mort.
©CeeJay.
Traduction Arabe de Raja Morjani
لم أعد أنتظر
النداء
الذي كان سيزيد
من بهاء القصيدة
وقوة الكفاح
من أجل الحياة
مجرد باب يفتح
أو روح قريبة
كانت ستكفي
لإبعاد الموت
CeeJay
Il se présente :
J.C. Crommelynck, alias CeeJay. Né à Bruxelles le 10/09/1946, il fait ses études à l’Académie Royale des Beaux Arts de Bruxelles. Peintre, sculpteur, graveur. Styliste de mode à Paris, professeur d’art en Belgique et aux USA. En 2011 il reçoit prix de la Maison de la Francité et se dédie de plus en plus au Slam et à la poésie. Il est régulièrement invité à plusieurs festivals de poésie en Belgique, France, Italie, Pays-Bas, Tunisie, Maroc, etc. Publié dans plusieurs revues de poésie, traduit en Russe, Anglais et en Arabe, un recueil de poésie « Bombe voyage bombe voyage » voit le jour en 2014 aux éditions maelstrÖm reEvolution. Le prophète du néant est son deuxième recueil.
