Concrétion extraits
Dans l’échancrure des saules
Rives sages, pliures des fleuves
Replis-cages des rives veuves
Se cueillent
Des pierres rieuses
Telles de hautes pommettes
Des pierres rondes
Telles des épaules
Et douces comme des cuisses
Et vastes comme des ventres
Des pierres
De montagne-corps
De corps morcelés.
Pierre-Femelle
A ton corps-de-roche l‘éternité se cache
Sous les doigts de Sapiens
Tu vins en déesse.
Anonyme sous le masque de ta chevelure
Tu es la prodigue qui engendre sans trêve.
Oui, tu es de celle qui enfante :
Le blé, l’arbre,
L’homme et la bête.
Tu es l’allaitante
Florissante de sève
La source Maternelle.
À l’étal de l’été,
L’eau s’est dissipée.
Sur la pierre
Faille sèche
Un lacet de souille :
Robe aux teints des glaises,
L’humide laitance nacre les pierres.
Le soleil vergette la roche
La vie emmurée
Et la lumière
Goutte à ses flancs
Pleure sa chair.
Au socle vivant
La main raconte la pierre.
Oscillation douce des corps
Le mur s’assoupit.
Ils sont là,
Voilés de mots,
Sans visage,
Et, pour lui sans mémoire,
Restent inconnus.
Ainsi, peu à peu,
Aveugle de poussière,
Sourd des détonations,
Il s’est fermé aux suppliques pleurées,
Ces mornes lamentations.
Lui cherche l’oubli, nu,
D’une pierre sans histoire.
Mais miroir du temps
La pierre,
Levée un matin,
Exécute ou libère,
Jamais n’oublie.
Bras tendu
Poing de pierre
Souffle
Siffle
En rebonds de poussière.
Au dos de l’enfant
Le feu roulant
Crible ses pas
Ébruite la terre.
Chapelet rompu
Dans la paume
L’averse lapidaire .
Crie cloué
Au Corps.
***
Létal
Brume en mouvement,
Brume aux doux meuglements,
Clémente, elle vient aux chairs de sang,
Apaiser le regret
Des tiédeurs d’étable,
De leurs couches aimables aux odeurs de près,
De leurs crèches pleines de soleil d’été.
Clémente, elle vient aux corps innocents,
Plus blanche qu’un lait.
Et la brume en mouvement, pâle cri,
Foule la nuit d’un doux meuglement.
Demain, l’immaculée sera de sang.
Et, tels des anges,
De la pénombre saillant,
Revêtus d’ocres et de brun,
Oint de nudité,
Vous serez corps héroïques,
Lumières dans l’assombrissement,
Veaux gras au sacrifice d’un hypothétique retour,
Mémoires mortes aux étals abattues.
BÉATRICE PAILLER
Elle se présente :
Je suis rémoise et j’ai exercé à Reims pendant vingt ans le métier de libraire. Je me consacre maintenant à l’écriture et uniquement à celle-ci en alternant prose et poésie. En 2015, la société des poètes français récompense du prix « Jean Giono » (prix du manuscrit de prose poétique) mon recueil L’heure métisse.
« …À Reims mon quotidien est fait d’écriture, d’échanges et de partage autour de la poésie ….mes textes prennent sens dans la richesse de notre langue et je place la lumière au centre de mon écriture… »
Aux Éditions Encres Vives : ALBEDO mars 2018
Aux Éditions La Porte : Mouvements, Panta Rhei / Poésie en voyage
4èmetrimestre 2017
Aux Éditions L’Harmattan : Jadis un ailleurs, recueil réunissant : L’heure métisse et
Motifs /collection Poètes des Cinq Continents /2016
Aux Éditions du Net : Participation aux anthologies
Les Poètes, l’Eau et le Feu / 2017
Les Poètes et le Cosmique / 2015
L’Éveil du myosotis /2014
Publications diverses : Poésie/Prose poétique/Nouvelle :
Revue ARPA prévision 2018
Revue Décharge : n°177- 2018
Revue Les Amis de L’Ardenne : n°57- 2017
Revue Traversées : en 2018 pour le n°89 / n°86- 2017 / n°83- 2017 / n°80- 2016 / n°79- 2016.
Revue Souffles : en 2018 pour le n°258-259 / n°256-257 en 2017/n°254-255 en 2016 /n°252-253 en 2016/ n°250-251 en 2015.
Revue en ligne Levure Littéraire : n°12 / 11/ 10 / 9.
A consulter
Sur le site de Décharge
http://www.dechargelarevue.com/Voix-nouvelle-Beatrice-Pailler.html
Sur le blog le parfum de l’encre
http://leparfumdelencre.over-blog.com/2018/03/interview-de-la-poetesse-beatrice-pailler.html
