De l’aimantation…
Centrifuge ou bien centripète
L’attraction ou la répulsion
Ce n’est pas constamment la fête
S’agissant de l’animation…
Des choses et plus avant des êtres
Chacun comptant pour s’attirer
Sur leur voix ou sur leur paraître
Pour mieux s’emberlificoter…
On le sait ce jeu d’attirance
S’il a parfois de bons côtés
Non dénué de malfaisance
Il commande de fricoter…
Avec ce peuple du zodiaque
Dont nous jalousons les amours
Contre-nature ou bien fantasques
Électrisant nos vieux parcours…
Centripète ou bien centrifuge
Faut-il maintenir la question
Sachant que l’ultime refuge
Se situe hors constellations…
***
L’intermittence…
Oui les choses du cœur ont leur intermittence
A l’instar des organes essentiels à la vie
Elles naissent s’élèvent et périclitent aussi
Les êtres humains menant à la déshérence…
Puis qu’assujettis à leurs élans à leurs peines
Ainsi qu’aux pouls filants irréguliers ou non
Suffisant un rappel de silhouettes ou prénoms
Pour volontairement les soumettre à leurs chaînes…
Parlons-nous de ruse de friabilité
Le dénoncent l’état de nos extras-systoles
Soulignant l’inconstant de nos vaines paroles
Mais surtout mon amour de nos fidélités…
Mais en va-t-il seulement de cardiologie
Nos sens hélas requièrent d’autres battements
Dont les plaisirs en seront ces émoluments
Que nous extorquerons de nos égologies…
Est-ce notre faute si nous sommes cyniques
Ne tenons compte que de nos emballements
Des vacances possibles et autres foudroiements
Qui livrés aux mots peuvent se mettre en musique…
***
Métempsychose…
Ni l’amour ni la mort ne remettrai en cause
Ils s’accordent de nos années de nos saisons
Mais pour autant rejoignent-ils de nos raisons
Leur franche volonté de bien nommer ces choses…
Qui par delà leur naturel leur quotidien
Nous intiment de manier avec sagesse
Sachant que de leurs dons leurs insignes largesses
Ici-bas l’usufruit jamais nous appartient…
Qu’à chacun il nous faut mieux les utiliser
Leur vrai partage plutôt que leur rétention
Nous permettant sans vaine délibération
De les rendre accessibles ou les fertiliser…
Mais nous en mésusons alors que le crédit
Court sur d’autres champs ou souvent l’artificiel
En occulte les mânes en obscurcit ce ciel
Où sont placés nos billes et nos maravédis…
Nous n’avons pas le droit de les remettre en cause
Ni la mort ni l’amour ne nous sont définis
En changerions-nous leurs cours que le discrédit
Aussitôt modifierait nos métempsychoses…
***
Bagage…
Nous n’aimons que nos vieux rêves
Faut-il donc les abandonner
Ou leur trouver une autre grève
Pour les pouvoir coordonner…
Les rassembler dans un bagage
Pêle-mêle les entasser
Demain au cours du long voyage
Mal nous saurions nous en passer…
Accordez-nous juste une trêve
Ou bien un gage à la rigueur
Tirer les rois gagner la fève
Nous impliquant d’autres vigueurs…
Que celles nous faisant défaut
Sur le moment de défaillir
Qu’au jour ou plus rien ne nous chaut
Nous aimerions voir tressaillir…
Car nous souffrons des mêmes maux
Rages de dents et désamours
Mal renouant le mot à mot
Lorsque l’écrit vient au secours…
Sainte Marie pleine de grâces
Interpellez notre sauveur
Qu’il nous évite un face à face
Avec la camarde au grand cœur…
***
Témérités…
Ce sont bien nos témérités
De blancs-becs ou de grandes gueules
Qui assurent nos probités
Où le digne se mêle au veule
Nous permettant en société
D’y briller à condition seule
Qu’au pacte léonin signé
Ne s’y substitue le bégueule…
L’illusion ne dure qu’un temps
Celui de faire des promesses
Bien que sachant le contretemps
Réduire sans délicatesse
Tous nos projets tous nos élans
Qu’imitant de jeunes professes
Nous exprimions au nouvel an
Sans penser à la morbidesse…
De nos actes nous prévalant
Peur crédible cet inconfort
Jour après jour plus malséant
Se jouant de nos vains transports
De nos volontés de céans
Maîtriser l’arroi nos efforts
Lorsque l’appareil déclinant
Soudain nous pensons à la mort…
Ce sont bien nos témérités
Qui nous incitent à la gloriole
A faire fi des amitiés
A dilapider le pactole
Sans tenir compte des années
Ne nous accordant plus de rôle
Sinon d’humbles succédanés
Dont nous agace le frivole…
***
Jeux…
Si l’habit ne fait pas le moine
Encore moins les scénarios
Qui fréquemment à contrario
Viennent puiser au patrimoine…
Ainsi traversons-nous la scène
Sans nous poser trop de questions
Soit comédiens soit histrions
Selon les rôles qu’on y mène…
Si le spectacle continue
Est-il vraiment jamais gratuit
Puisque abusant de l’usufruit
D’escamoteurs qu’ils ont mis nus…
Lequel des Molière ou Shakespeare
De nos feintises s’accordant
Sur des tréteaux retentissants
Rusé nous conduisit au pire…
Car nous aimons ces jeux si drôles
Où tour à tour entreprenants
Nous donnons cour à l’inconstant
Déjà rêvant du Capitole…
***
Sourires…
Le sait-on à qui sont destinés
Ces sourires
Esquissés depuis un pas-de-porte
Ou d’un quai de gare
De derrière un comptoir
Parfois dans votre dos
Narquois ou enjôleurs
Ironiques ou pervers…
Relèvent-ils d’un au-revoir
Ouvrant sur des considérations
Ou à nouveau
Retenus ou engageants
Carrière ils donneront
A des implications
Amoureuses souvent…
Relèvent-ils d’un adieu
Sachant que pour l’éternité
Figés demeureront
Dans la rétine de ceux
Avisés déjà
Que la séparation
L’éloignement
La précipitation
Les jetteront dans l’inconsolable…
N’ayant pas su ou voulu
A temps comprendre
Au moment ou la main
Les commissures s’affaissaient
Que trop tard il était
Pour un retour en arrière…
***
Pères…
Ç’aurait pu être mieux ç’aurait pu être pire
Vous étiez éloignés nous étions des enfants
Chacun à sa façon préconisant l’empire
D’un amour espéré toujours inconstant…
De l’égoïsme alors de la fausse pudeur
Vos élans suspendus et nos cachotteries
Lorsque sur nos départs à nos mères en pleurs
Vivement réprimandiez leur sensiblerie…
Vous étiez à la guerre ou ailleurs au travail
Nous suivions vos traces sur de géants atlas
Nos soldats de plomb en repeuplant vos sérails
Des rires et des soupirs y soulevaient hélas…
Mais le temps de ces temps n’était pas au dialogue
Vous saviez que nous savions que vous nous aimiez
Mais ce savoir ressortait-il du décalogue
Je suis sûr qu’autrefois vous nous le reprochiez…
Même s’il se fait tard on peut on doit vous dire
Afin de rétablir un semblant d’équité
Que si fréquemment nous nous plaisions à médire
Votre labeur requis par notre satiété…
Inconséquents parfois par notre seul maudire
Nous n’y assouvissions que notre iniquité
Enfin l’hommage arrive risquez-vous d’en rire
Malgré le poids du marbre et de l’éternité…