La langue de l'exil
En quelle langue chanterons-nous l'exil
Quand nous n'aurons plus de racines !
Que les mots des ancêtres se heurteront aux murs
En quelle langue serons-nous des humains plus sensibles
Déjà, les portes se referment sur des silences meurtriers,
Et nous témoins de tragiques histoires, nous nous taisons,
Préférant le lit de l'oubli aux révoltes inassouvies
Peu importe la langue qui crie et qui casse les codes,
L'exil s'arrache au prix de larmes et de soupirs,
Alors que les mots estropiés boitent et peinent à venir,
Les regards effondrés traduisent bien l'errance
Et la peur d'être ailleurs sur des terres inconnues.
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Les éternels amants
Nous avons voyagé dans tous les lits du monde,
Avec la nonchalance des éternels amants,
Nous avons sans regret arrêté les horloges,
Vivant au jour le jour des instants sans retour,
Et la barque profonde où nous étions rivés,
A essuyé aussi d'effroyables tempêtes,
Dans la chaleur des nuits où l'esprit de Bohême
Parfume l'air ambiant,
Nous avons soupiré sur les heures envolées,
Puis la barque a plongé dans des eaux déchaînées,
Les yeux remplis d'écume, les mains vides, le coeur lourd,
Nous avons écourté ce voyage insensé
Et des années plus tard, l'aube s'est enfin levée.
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Les mots en sommeil
Plus de jardin secret, de chants venus d'ailleurs,
La page est restée blanche et les mots en sommeil,
Les mots qui s'habillaient de sentiments divers,
Ont perdu leur ivresse et leur refrain joyeux,
Voici que je suis seule devant l'ancien miroir
Qui jadis reflétait mes pensées de l'instant,
Mes utopies fougueuses,
Le miroir s'est terni, les images sont troubles
Et la page se tait décidément boudeuse,
Peut-on parler ainsi du vide de l'absence ?
Les mots n'ont pas de rênes pour freiner le galop
Des rêveurs lunatiques, des poètes un peu fous,
Mais moi, je vous le dis malgré tous ces silences,
Je sens frémir parfois mon âme adolescente
Et surgir du néant des forces insoupçonnées,
Même si la page est blanche, les mots vont s'éveiller.
MARIE-JOSÉ PASCAL
Elle se présente :
Marie-josé Pascal est intéressée très jeune par la poésie et la musique.A l'adolescence, elle publie de 197O à 1976, dans la revue Humanisme Harmonie (Aix-en-Provence), un texte dans une revue italienne " Nuovo vento", dans la revue Allal Art thérapie " les rameurs ", elle participe ensuite à une exposition de poèmes au Petit Palais à Avignon, trois textes paraissent dans la revue " Flammes vives " et aussi dans la revue des "citoyens des lettres ". Récemment, elle a participé avec d'autres artistes à l'anthologie " De l'humain pour les migrants " et aussi dans celle d'Eric Dubois " Le capital des Mots", plus que jamais la poésie fait partie de sa vie.
