------------------------
VILLANDRY
1.
Tu conduisais
Et tes avant-bras
Portaient
Le soleil d’automne
(Quel jour était-ce, déjà ?)
Tu conduisais
Les yeux fixés sur la route
Qui nous menait
Au château de Villandry
(Quel jour était-ce, déjà ?)
Tu conduisais
Et tu souriais à Joe Dassin
Qui attendait
Au loin
Dans l’autoradio
Avec son bouquet d’églantines
A la main
2.
Tu portais un jean
Stone washed
(Comme tes yeux)
Et un pull en cachemire
Mauve
(Quel souvenir
En auras-tu gardé, toi ?)
Je portais des lunettes
Noires
Et une chemise
A petits carreaux
Je lisais
Bourgeoisement
Un guide touristique
Sur les châteaux de la Loire
Et
De temps en temps
Promenais ma main
Gauche
Doucement
Sur ton cou parfumé
(Quel souvenir
En auras-tu gardé, toi ?)
3.
Qu’aurons-nous vu
Finalement
Au château de Villandry ?
Un âne
Dont tu auras voulu caresser
L’échine timorée
Et ces jardins
Divisés en carrés
Qu’aurons-nous vu
Finalement
Au château de Villandry ?
L’amour tendre
L’amour passionné
L’amour volage
L’amour tragique
Et un âne
Qui broutait
A côté du jardin d’eau
© Christophe Durand-Le Menn, avril 2008.
CHRISTOPHE DURAND- LE MENN
Christophe Durand-Le Menn est né à Chartres en 1974. Membre de la Société des Gens de Lettres, il a été le lauréat en 1991 du Concours National des Jeunes Poètes de France (Région Nord), organisé par la Société des poètes et artistes de France. Il a fait ses études secondaires à Charleville-Mézières et ses études supérieures à Rotterdam et à Reims (Lettres et Arts). Il a publié, à ce jour, six recueils de poèmes, dont L’altération des contours aux Editions Le Manuscrit (Paris, 2005) et Edward Hopper : en regard de ses tableaux, poèmes en collaboration avec Béatrice Libert, aux Editions Poiêtês (Luxembourg, 2006).
Sa poésie est « quête de ce que le quotidien peut présenter d’inouï, de merveilleux et d’inaccoutumé » (Jalel El Gharbi, in « La Presse de Tunisie », le 09/01/2006).
------------------------