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TROIS AUTOPORTRAITS
A force de se ronger les ongles
il n’aura plus de doigts. Plus d’yeux
non plus à force de regarder.
Des ombres tremblent dans la lumière,
des mots bourdonnent à ses oreilles. A force
de parler il n’aura plus de bouche
12 octobre 2006 (Autoportrait)
Les yeux fermés. Mais tout est là. Il entend
le jour. La voix peut-être dans le silence.
Que dit-elle ? Peu importe. Elle parle,
elle est là. Aucun besoin d’ouvrir les yeux.
C’est comme un bruit d’eau qui coule,
le bruit du sang qui ne se tait pas
14 octobre 2006 (Autoportrait II)
Discret, disent-ils, et modeste, bien sûr.
On voit son ombre à peine et qu’entend-t-on ?
Une petite musique, mais encore ?
Presque rien, disent-ils. Le réel, pourtant,
prolifère. Il en a plein la bouche.
Tout grouillement qui fait croire au silence
9 février 2007 (Autoportrait III)
JACQUES ANCET
Jacques Ancet auteur d’une trentaine de livres (poèmes, romans, essais) dont, récemment, Diptyque avec une ombre (Arfuyen, 2005), Prix Charles Vildrac 2006 de la SGDL et prix Heredia 2006 de l’Académie Française, La ligne de crête (Tertium éditions, 2007), Entre corps et langage, anthologie d’Yves Charnet, (L’idée bleue/Ecrits des forges 2007), Journal de l’air (Arfuyen, 2008) et L’identité obscure (Lettres Vives, 2009) Prix Apollinaire 2009. Essayiste (Un homme assis et qui regarde, Jean-Pierre Huguet, 1997, La voix de la mer, publie. net) il a traduit quelques unes des plus grandes voix de la poésie et de la pensée hispanique (Jean de la Croix, Quevedo, Gómez de la Serna, Aleixandre, Borges, Cernuda, María Zambrano, Valente, Gelman, Gamoneda, etc.)… ) Prix Nelly Sachs 1992, prix Rhône-Alpes du Livre, 1994, Bourse de traduction du Prix Européen de Littérature Nathan Katz 2006.
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