Positif nihilisme
Les jours où
Je me trouve
Particulièrement
En forme,
Je me dis que tout
Est vide,
Que Dieu
N’existe pas,
Qu’après la vacuité de
La vie
Surgit le néant de
La mort,
Que tout est faux,
Illusoire,
Que la vérité est
Inaccessible et que,
Par conséquent,
Il ne sert à rien
De réfléchir
A tout
Cela car
Tout est vain,
Et rien
Ne sert
A rien,
Des grains
De poussière
Dans une immensité
Glacée,
Infinie,
Qui s’étend,
Qui s’étire
Et s’étiole,
Jusqu’à se dé-
Chirer ;
L’univers.
Alors je me dis
Encore
Que même vide
La vie
Est belle
Et qu’elle
Doit être
Comblée
Par des
Bonnes choses
Comme des poèmes et
Des tableaux et
Des musiques
Ou bien encore
Des discussions
Sous ces étoiles
Qu’on aperçoit
Au firmament.
Elles luisent toujours,
De leur lointain,
Paraissent vives,
Mais sont éteintes
En vérité
Depuis bien des
Années-lumière ;
Douce illusion
Interstellaire.
Lorsque le sage
D’un doigt noueux
La lune désigne
Je vois ses pieds
Puis je m’en vais
Le cœur léger
Noircir ces vides
Sur le papier.
***
Mais les requins ont un cœur
Avant mon cœur était cadenassé à triple tour
Il y faisait noir je ne m'en plaignais pas
Je me moquais de tout
La fragilité de la vie
M'importait peu
A l'inverse de Villon
Je ne connaissais rien hormis moi-même
Mais aujourd'hui il se déroule
Tel un doux tapis d'Orient
Lentement il dévoile
Ses corolles et ses diamants
Attendant que tu l'ornes
De tes perles de larmes
Car de l'esprit de la chair
Sourdent ces lames claires
Poignards d'eau poignards de sel
Rampant entre mes os rouillés
Narines dilatées et mes dents crissent
Sous le fouet lisse
De ton cil fardé
***
Quelles âmes
Alors marchez,
Alors marchez mes amis
Puisque la route est encore courte.
Enterrez vos doutes
Arrachez-vous
Bikinis, Nike
Et Armani
Textiles fleuris
Fibres élastiques
Coton d'Afrique
Et soies de Chine
Entre vos doigts,
Sur votre échine.
Alors prenez,
Alors prenez mes amis
Puisque la route est encore courte.
Vous partirez
Vite oubliés
Vite décédés
Sans vos Blu-ray ni DVD
Exit Praga, bye Bulgary
Beaux macchabées
En Cerruti
Ensevelis
Sous la racine
Du pissenlit.
Vous vouliez
Vivre vieux,
Paraître jeune,
Toujours radieux.
Vous désiriez
Faire des envieux,
Et vous voici
Six pieds sous terre.
Seulement le saviez-vous ?
Taupes et vers
De terre
Se soucient guère
De vos habits :
C'est votre chair
Qui les ravit.
BENOIT PATRIS
Il se présente :