(Fragments extraits du recueil -inédit-
L’écriture, la mère, tendre vers elles sans atteindre jamais : 117Asymptotes
L’écriture
Ça passe pas avant les gens
Ça passe pas après
Ca passe pendant les gens
*
le poids d’une pierre
- dorée -
dans le paysage continué
répandait une marée de veines
clandestines
en nos textes
la présence de leurs mains anxieuses
ouvrir la porte des courbatures
qui nous séparaient
d’elles
nos mères
*
les bruits de la mère la fille entend
le cœur de la soupe tu passes
les mains des choux-fleurs tu repasses
je mange du soleil mais tu ne l’as pas dit
tu n’as pu l’être je te le promets
*
/ le verbe mère / les espaces de la mère / doucement avec la mère / la mère verticale / miroir de la mère / la rose des mères / la mère n’est-ce pas / poèmes de mères / l’écho de la mère / contrepoint de la mère / et je dis mère / la mère sans demande / la mère de l’os parle / dans le temps de la mère / l’élégance de la mère / la mort de la reine mère / double mère / la mère sauvage / la chambre des mères / la belle mère / la mère ou les jours de lumière / ayez pitié du cœur des mères / une mère qui ne disait rien / rires de mères entre deux pluies / mère n’es-tu pas pré-texte à une écriture /
*
Les mots sont une terre
et pendant le chemin
un pas de plus et
je pourrai tomber
c’est sûr
d’où l’on ne remonte pas
puisque la terre est plate
et qu'il y a un bout à toute chose
une parole peut-être
*
– écrire – c’est quand cela vient du fait c’est parce qu’on aime – écrire pour c’est la visée aller vers aimer – en amont en aval pourquoi pour quoi – écrire être serré coincé dans un étau –
*
Les jambes alanguies comme le fleuve
sur son socle de verre
via le bois
voulait-elle ne pas mourir
encore
contre son visage relevé
La femme qui vivait
la sage vie impossible à dire
Qu’avait-t-elle à dire
à ton avis
*
L’écriture
La mère
Phénomènes corpusculaires ou ondulatoire
Est-il possible d’entrevoir la lumière
(extraits du recueil Mes nuits au lieu(x) d'être,
Encres vives, collection lieu, juillet 2011
[ Nuit 1,
en des écumes de nuit
les rêves sans poèmes ou bien
la fontaine silencieuse
les histoires où les preuves sont inexistence
l’impossibilité d’une altérité de jade
le vert d’une mousse
que le jour
réincarnerait
[ Nuit 5,
aux portes des mers
le développement si illimité
sous le long flux essentiel
creuse le tombeau humide
tant les plages autour des îles secouées
têtes gonflées là où elles se noient
belles de nuits de houle
très à côté des amours
[ Nuit 6,
le temps qui repasse
et ses peaux longent mon dos
contre la baie vitrée
céphalée sous mes cheveux
les formes de la vie bientôt à modéliser
à l’abri des paupières de nos enfants
alors que l’asymptote des tâtonnements
[ Nuit 8,
lorsque je suis devenue la nuit
j’arracherai les poils de ton dos
de l’enroulement de notre vie
les fixerai précisément
au bout de tes doigts
je ne peux souffrir de toi
je ne peux souffrir
de tout
vivante
[ Nuit 10,
Etendue dans l’herbe de la lune
à l’ombre de mes yeux
me souviendrai-je des
heuristiques tièdes
et des cœurs suintant
peu à peu quelque chose entre
les couchants
[Nuit 11,
la femme sait la perspective en marche
où les dénis sont vivaces
arrache son oreiller en rouleaux de mémoires
le renversement théorique
la femme sait encore
que le temps marche
dans la foule
que la nuit ne laisse pas ses enfants
partir
CORINNE LE LEPVRIER
Corinne Le Lepvrier
Née à Brest en 1964, ingénieure pédagogue, maitrise en Sciences de l'Education et Master. Interpelée tout autant par les sciences "dures" que "molles", j'écris. Après une quinzaine d'années à exercer différents métiers dans le champ de la formation des adultes, une publication en 2002 aux éditions l’Harmattan, La recherche : un voyage, ou partir et revenir, in : Se former par le recherche en alternance. Puis l'ajournement d'une thèse sur la transversalité des savoirs. En 2008 je fonde l'association Matière à Mots. Aujourd'hui à St Nazaire, je dédie une part de ma vie à décliner l’acte sensible et confrontant d’écrire. Intervenante en milieux scolaires et culturels, j'anime des ateliers d’écriture.
Un recueil de poésies, Mes nuits au lieu(x) d’être, aux éditions Encres vives, juillet 2011.
En 2011, des parutions en revues, N4728, 7 à dire, Verso, Comme en poésie... Revues en ligne Terre à Ciel, Soc et Foc, Francopolis.
Des chantiers d'écriture et de publication en cours.
Blog http://corinnelelepvrier.hautetfort.com