Porche
Pour Mathilde Muller.
Je suis l'homme du silence en partage.
Sur le marbre, gravée,
la peau de mon angoisse.
Une épitaphe
de chair, de sang;
Une épitaphe
taillée dans l'homme,
dans la patience de notre fin;
du soleil soufflé à nos jours;
du dernier jour.
Une épitaphe pour dire ton nom,
Ton nom effilé dans les coutures du ciel;
ton nom tissé dans un linceul,
linceul de mots,
linceul où tu reposes
mort en ma bouche.
ton nom rendu au silence, silence d'homme;
ton nom emmêlé dans la pierre,
pierre tombale où se perlent
des larmes de roc qui ne parlent pas.
Mais encore ton nom.
ton nom durci, ton nom de tombe;
ton nom qui forge mon silence
Au silence de mort.
Ma mort, Ma propre mort, Ma mort que je veux taire
au porche de moi-même
et qui n'y parvient pas.
***
attente
Pour Mathilde Muller
-1-
ma lampe soufflée
ton obscurité qui murmure
au vent
un air de disparu
-2-
ma chambre étreinte
mes baisers enlacent
tes fuites
et ton nom
-3-
devrais-je avouer
la voix d’absence
moi en face
ton silence
-4-
J’écoute fenêtre
ouverte aux rumeurs
le fouillis du temps
qui m’enserre
-5-
je regarde les étoiles
au plafond
des étoiles vissées
sur la barrière du ciel
-6-
je guette
ton écho travesti
des moteurs éructent
la ville s’enrobe de ses lueurs
les rires s’égarent
et ton cri pur
-7-
j’attends tes retours
qu’ils s’illuminent
mais couché
le soleil rompu
à mon désir de bonheur
je n’espère plus
que m’entendre
***
départ
Triptyque
Pour Mathilde Muller.
-1-
faite d’illusion
j’ai aimé une femme
de poussière
elle portait
sur ses lèvres
le vol d’un papillon
une éphémère
sensation d’infini
dans ses sources
une nouvelle grammaire
à écrire des lettres
de sa peau
elle portait la promesse
d’une paix
aujourd’hui trouée
dans les rideaux de pluie
-2-
tu manques
aux spasmes de beauté
que j’ai perdus dans l’errance
tu manques
aux chairs de femmes
qui me souillent de leur plaisir
tu manques
à cette chambre
si seule avec moi-même
-3-
je suis démuni
mais qu’il est bon de l’être
quand toi partie avec l’homme que je fus
je peux à nouveau devenir
je quitte la chambre
mon cahier de ruines
mes paroles de vestiges
je veux renouer avec mon origine
demeurer en moi
dans ma pleine possession
et espérer la poésie
après le désespoir
dans une nouvelle voix
KÉVIN
PÉTRONI
Kévin Pétroni est né à Bastia en 1993. Il étudie les Lettres Modernes à l'Université Paris Ouest Nanterre-La Défense.