Marche
Marche silencieuse d’elle
À qui l’on a tout fait
Et se déchire en retour
Un ciel bleu emplit ses yeux
Laissant gisante la souffrance
Au pied des assassins
Marche douce des humbles
L’herbe caresse les chevilles
Et ton chemin est le but
****
Levant
Je ne peux pas tout
des souffrances accessoires.
Vos mots qui mentent,
en passant sous les yeux.
Dire l’aube est encore un crime,
au moi profond des armes.
Juste un nouveau jour à ceux
qui iront peine levant.
****
Mi-dire
La ligne est étroite
au long du silence
où se réverbérant ses mots.
Je ne saurais plus que mi-dire
cet arrangement de couleurs
à nos sourires inattendus.
Tant la lumière éclos
sous l’oubli de nos ombres.
***
Dire l’indicible par tant de mauvais jours
tient le coeur ficelé d’explosion.
Et cette marche martelle immonde
la distance convenue pour tout passant
Le crime bat son plein de n’avoir pas pu
cet amour qui était encore en regard.
Sous les eaux existe ainsi le poète mort,
aux ponts arc-boutés où Paris fait sa nuit.
PHILIPPE GUILLERME
Philipe Guillerme, né en 1964, renoue avec la poésie depuis quelques années seulement. Il tente de prolonger ses interrogations anciennes pour leur donner une double couleur : celle de la réalité vive, souvent cruelle et celle, plus enfouie, d’une sagesse millénaire. La première peersonne est sienne mais aussi celle d’un autre qui n’a pas la parole. Certains de ses poèmes sont parus dans les revues Verso, Traction Brabant, le Coin de Table, Comme en Poésie, Libelle.