"Les chiffres du chômage sont bons ce mois-ci, il n'y a eu que trois cent nouveaux inscrits au Pôle emploi enregistrés", citation décembre 2012
Rouge trémolo dans la voix
La voix du mégaphone s'épuise
Lambeau de drapeau rouge
Rouge la cloche de 17 heures
la fin de la chaîne rouge
le soleil rougit du soir
ne sonne plus sur le parvis
rouge
pavé de l'usine
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Les morts et les vivants
Les morts sont plus
nombreux que les vivants
Il en vient toujours
bousculade, rebuffade championne
Les morts tiennent le
haut du pavé avec
leurs tombes et leurs
poussières que les vivants
leur envient
Heureusement les vivants sont fiers
et altiers leurs efforts à rattraper
la différence.
Tous ensemble ils s'accrochent
ils multiplient leurs présences
Des naissances pour les morts :
souvenir
mémoire
soupirs
entonnoir
A ce jeu les vivants
rêvent ils rêvent
de gagner la compétition
Ils courrent ils suent
leurs sangs hâbleurs
et se penchent nus
sur leurs soupirs sous
leurs râlent d'amour
Une cage tourne et
dedans des macaques
s'agitent pour tourner
encore encore
la roue cinglante
Les morts sont sacrément
nombreux
Les veinards les chanceux
Onctions diverses
Sacrement d'aménité
Les vivants errent amnésiques
peureux ils ne veulent pas
perdre alors ils reproduisent
leurs efforts pour dépasser
les morts dans leur multitude
Pourtant les morts
leurs trépas amnésiques
leurs aimables trépas
sous les pierres grises des prêtres
avec des clairons des fleurs et des trompettes
ou avec indifférence
les morts gagnent c'est
sempiternel ils gagnent :
Les morts sont plus
nombreux que les vivants
Les vivants roulent
au Parnasse laissons
leur l' espoir
et taisons ce poème
pour la célébration amène
de leur éternité
Le serpent
Un magicien tire par la queue un grand serpent. Celui-ci s'agite, vexé. Il siffle et frétille pour se délivrer.
Tout autour les enfants sages serrent très fort les mains de leurs parents. C'est une sorte de peur, bien que leurs petits yeux brillent de prestigiditation.
Un serpent frétille. Il vaut mieux qu'une carte avec un trèffle. Le magicien est content, son chapeau n'enserre pas trop son nèffle.
Les enfants sont contents, ainsi que leurs parents.
Tout le monde est content.
Sauf le serpent...évidement!
Mais ce n'est qu'un tour et bientôt il reprendra sa forme heureuse de bâton roide.
XAVIER FRANDON
Il se présente :
Jeune poète commence à diffuser ses textes. Fonctionnaire de mon état (je ne dirai pas où!), j'écris depuis quelques temps déjà. J'ai terminé cette année un roman, deux recueils de poésie, et un autre de nouvelles. Je poursuis ma quête d'âme dans les mots. Je n'ai pas publié de vrais livres...un jour peut-être. J'ai diffusé de modestes articles en magazine, et quelques poèmes en revue. En espérant que ces deux poèmes vous surprendront.
Le premier est inspiré de l'actualité. Le second a une vie assez étrange. Je l'ai écrit deux fois. Puis, deux jours après avoir terminé mon texte, j'ai découvert mon premier vers dans la pièce de Ionesco titrée Rhinocéros : BERENGER: Les morts sont plus nombreux que les vivants. Leur nombre augmente. Les vivants sont rares.
J'ajoute un petit texte sous forme de prose qui m'a amusé quand je l'ai écrit.