Cette fois, c’est à son vil coffre qu’ils en veulent,
La marque noire vaut un danger imminent.
Précéder les vieux flibustiers, les rendre veules,
Suivre la carte, ce parangon, sans boniments.
L’encre doit rester sèche, sous la toile cirée.
Bannir les bonnes oreilles, ne suivre aucun conseil.
Flatter les mers du dos d’une coquille assurée,
Compter cent pas, piocher. Là, sous cette croix vermeille
Ruisselant de morve, pestant contre ce sable blanc
Vociférer contre votre vaine vénalité.
Quels trésors étalés pour les sens éveillés !
Bleu vert océan, parfois, brouillé de corail
Pulvérisé, faisant chanter lagon brûlant.
Chasseur, savoure ces trésors qui t’assaillent.
août 2011
***
Petite reine, ta robe à fleurs n’effleure
Aucune de tes pensées obnubilées
Troublées, conquises par ce terrible facteur.
Ces tresses de jais bientôt dissimulées
Honnies par des hordes ourdies d’interdits
Où, paraît-il, mèches seraient infâme pêché
Loin bien loin de ces pavés du réel
Ta passion exaction se rebelle !
Rivière de stratagèmes charivarisent
Charriant chuchotant l’entreprise
Audace renouvelée avec gourmandise
Un digne combat mené à maintes reprises
La mènerait à son rêve de bicyclette
Wadja : fillette effrontée que rien n’arrête
***
Bâton de maître d’armes
Esthètes, amuseurs, passants,
je vous prends tous
Un contre douze, un contre cent, un pour tous.
J’esquive, je pare, j’attaque et je touche
Touche, perce et gagne, insensiblement
Comment ? Comment ? Ma fente n’impressionnerait plus
Plus d’estocade ou de duel au premier sang ?
Sans être gascon, mes contemporains sont navrants.
Quel manque d’entrain, quels horribles hurluberlus !
Vouloir fendre avec un flingue, quelle calamité !
La mort fuse fugace : frustrations sonnez !
Filez droit ou mourez sans revoir la Calabre
Filez-moi un fleuret, une épée ou un sabre
Tiens même un simple bâton, j’en ferais mon renom.
Oubliez Cyrano, D’Artagnan ou Byron !
Non de non, même Wallace ne vaut pas un rond !
Suis le seul maître dont monde ignore le nom
Remettons les tranchants au côté de rigueur
Les duels permis en tout bien, tout honneur
L’honneur par le fer contre la médiocrité
Des bâtons émergent soudain des flots vénitiens
Le soleil rudoie, soudoie, en pleine nuit
Epongez ce songe lagunaire et aérien
Privé de sens, usez de votre botte contre vos ennemis.
Extrait de "Extra-muros", 2008
SÉBASTIEN CHABAUD
Il se présente :
Esprit libertaire, Sébastien Chabaud (36 ans) n'aime pas les catégories. Polyvalent, il enseigne indifféremment le français, la littérature française,
l'histoire, la géographie et la communication. Sa passion pour l'écriture remonte au début de l'âge adulte, disons vers dix-sept ans. Sa découverte de l'écriture sous contraintes bouleversa sa
conception de l'écriture et le mena vers la poésie.