Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.
UN TANGO POUR NAPLES (à paraître) -1- Oui, le tango est un soliloque, Quand, seul, on parle pour deux. Il est ce personnage qui s’évanouit Dans la brume sans faille de Trapani Pour s’éterniser dans la pluie de Buenos Aires. Le tango est une suspension...
Arrière gauche Talonnade, feinte, roulette, aile de pigeon, amorti de la poitrine, petit pont, tête plongeante… Toutes ces choses n’étaient pas vraiment dans tes cordes. Toi, tu jouais gauche à l’arrière, balisant, quand le ballon déboulait dans tes guibolles,...
Ecorcher les carrefours avec son corps, avec les griffes qui percent sous la peau. De plein fouet les virages, les bordures où coule l’exhalaison noire des caniveaux. Parce que rien ne vient. Que des écailles. Rien qui ne puisse fusionner, tendre vers...
Fermons les yeux et regardons le monde Nous sommes des passants épouvantés Dernières nouvelles : nous essayons d'être Nous sommes le rien qui n'est pas négligeable Mon poème est un oeuf rond et lisse Il s'habitue à tout L'ennui se compose de mots La lumière...
Le Champ du Mirliton Souvent obscur, déliquescent, Tendu vers l’absolu De sentiments livrés en pâture, Nues sur du velours usé, La hanche pas tout à fait donnée Mais totalement offerte, Peau d’orange imparfaite, Rubis sertis pendants. Champ du possible...
Mon ange. Un ange est descendu, Il m ’ a dit tu vas revivre. Un ange est descendu, Il a pour moi un doux avenir. Mais cet ange était déchu, Comme moi il était pendu, Et ses ailes n ’ étaient plus, Nous étions deux à être perdus. L ’ ange à moi est revenu,...
Tu te recroquevilles A l'encoignure du réel Entre ombre et soleil enfouis Dans les profondeurs de ta chair Tu livres ton corps Au noir sommeil de l'oubli Sans un cri dans tes veines Et le froid cinglant de la pierre Plus de visage Pour respirer Plus de...
J 'ai envie du même songe que tu fis un jour de pluie en te rétractant comme la marée se retire à chaque lune. Tu fus quelques soirs avec ta maison, sur le côté d'un chemin une arabesque de calligraphe, lignes dessinées par les feuilles des arbres, que...
Sans rien dire, la vie défile Le bitume se déforme Sous le fardeau de mes pas. Des grondements de voix Inondent mes oreilles Qui se referment aussitôt. Je marche sans but Vraiment, Cherchant des réponses A des questions Qui n'existent même pas. Mes mains...
Belladone Sirius ! Clouée à l’Empyrée, Des nues échappée, Tes yeux d’ombre à l’étoile incertaine, Qui font briller ton chien Et ravivent ma peine… Ô reine si lointaine ! Mes désirs font des ordres, Tes désordres, des hydres ! Mais vos ors sont déserts...