Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.
Par ta grâce le monde se donne des airs de nouveau-né Les arbres fruitiers font les cent pas impatients de voir leurs bourgeons éclore A ta voix les collines s’éveillent bondissant de joie comme des gazelles amoureuses Et mes rivages ruissellent de tendresse...
Mètres et géomètres Un gourou grec dénommé Pythagore savant d'avant Rabindranath Tagore légifère armé de son théorème. Euclide, lui, ce maniaque du tri, aligne en rangs dans sa géométrie les angles morts et les angles bohèmes. Les lois d'airain que cisela...
Encre insoluble à l’écoinçon du désir Pénombre d’inquiétude Tout laisse trace d’orbe d’or aux chevilles et aux hanches qui vont et qui viennent jusqu’à l’envoûtement Je danse dans la danse de la flamme la prière aux vivants Tout autour de moi L’entrée...
Cage à ciel ouvert La course nous entraîne dans ce qui ne se concevait pas après maints découragements tous dus à l'excès de décors sur une scène trop lourde nous avons répudié nos monstres rendu habitable un bosquet dans les airs et le plaisir d'une...
Partage Ne fûmes-nous prêts à démolir le mur bâtir la nouvelle cathédrale séparation du fruit : moi seule à ramasser le sang tenir la promesse des mères le pain on le donne aux oiseaux l'eau on la partage je connais un lieu au carrefour des langues— tu...
1 J’ai aimé ta beauté Les mots comme une torche brandie Dans la nuit Pour mieux exister Du moins Je le croyais Car les mots tuent Sois-en sûre Ils m’ont tué il y a longtemps Sur le parvis d’un poème déchiré Où je déclarais parfois Ma flamme A un piano...
Origines Là sur la grève noire Un soir intemporel Se glisse Et glace jusqu’au sang La lymphe de l’eau Où baigne un très vieux seau Et sur le métier des mots Tissage serré Epuisé D’un accord barbare Que seul reconnaît Et peut promouvoir L’ombre Effilochée...
à Marion et Clément Comme on plante sa tente ils plantent leurs trétaux Marionnettes à fils ombres chinoises Travailler dans le bon sens dans le sens des aiguilles de la montre les marionnettes activent les fils de la vie Comme on plante sa tente on fait...
Ô mon ange, mon tout, mon autre moi-même, mutilé meurtri jusqu’aux abîmes incertains du sommeil, je pose sur ton visage mes mains et ces murmures d’ombres qu’aucun soleil ne dissipe, l’amertume à mes lèvres toujours plus furieuse… Je pose sur ton visage...
La poésie éclot sous la peau diaphane des mots. Il n’y a d’ailleurs que dans le bruissement de l’eau qui court entre les pierres, le feulement du vent sur la plaine, l’alarme, le frémissement soudain des arbres, le fouet de l’été qui cingle le maquis...